Mariage des enfants: l’exception qui fragilise la règle des 18 ans

18 ans sur le papier, parfois moins dans la réalité. A Madagascar, le mariage des enfants reste un phénomène massif malgré un cadre légal qui fixe pourtant à 18 ans l’âge matrimonial. Le dernier constat de l’enquête MICS 2025 relance l’urgence d’agir : 42% des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées ou sont entrées en union avant 18 ans, contre environ 40% en 2018.
Le chiffre inquiète. Et c’est précisément sur le terrain juridique que le débat se durcit. La loi n°2007-022 relative au mariage et aux régimes matrimoniaux fixe bien l’âge matrimonial à 18 ans. Mais son article 3 ouvre une porte : avant cet âge, le président du Tribunal de première instance peut autoriser un mariage pour des « motifs graves », à la demande des parents ou de la personne exerçant l’autorité sur l’enfant, avec le consentement de l’enfant.

Une exception qui relance le débat
Cette dérogation a été au cœur du plaidoyer engagé à Antananarivo. L’objectif discuté est de renforcer le cadre légal afin de mieux protéger les enfants et d’examiner la suppression de cette possibilité, notamment en référence à la Loi type de la SADC sur l’éradication du mariage des enfants.
Car derrière les statistiques, les conséquences sont concrètes : abandon ou interruption de la scolarité, grossesses précoces, exposition aux violences et réduction des perspectives d’autonomie. La pauvreté, les normes sociales et coutumières et les difficultés d’accès aux mécanismes de protection continuent également de peser sur les enfants concernés.
Le combat ne se limite toutefois pas à la loi. Parlemen­taires, magistrats, responsables publics, société civile, leaders communautaires, jeunes et partenaires techniques et financiers planchent également sur la prévention, le signalement des cas, la mobilisation des familles, l’accès aux services de protection et le maintien ou le retour à l’école.
L’atelier de plaidoyer de haut niveau, organisé hier dans la capitale, s’inscrit dans le cadre du Projet de Gouvernance SDSR du Forum parlementaire de la Sadc, avec le Caucus Genre – Réseau des femmes parlementaires et le Réseau parlementaire national pour la justice reproductive (RPNJR), avec notamment l’appui du ministère de la Population et des solidarités, de l’UNFPA et de l’Unicef.

Fahranarison

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