Devant des représentants de 48 pays du continent dont 22 chefs d’Etat, y compris Vladimir Poutine, lors du Sommet économique et humanitaire Russie-Afrique 2026, hier au Kremlin (Moscou), le Président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, a mis en avant dans son discours, prononcé en Malgache officiel, les besoins prioritaires de Madagascar à l’heure de la Refondation.
«Madagascar traverse une étape importante de son histoire, marquée par la Refondation conformément aux aspirations de la population, aux besoins quotidiens des citoyens, à la lutte contre la corruption et à la volonté d’offrir des perspectives d’avenir aux jeunes », a-t-il déclaré.
L’Etat malgache souhaite ainsi donner un nouvel élan à ses relations avec ses différents partenaires, notamment la Fédération de Russie, a-t-il souligné. Sans détour, il a ensuite fait connaître les besoins urgents du pays.
« Les besoins urgents de Madagascar concernent notamment l’énergie, la sécurité alimentaire, l’amélioration des services de santé et le développement des infrastructures », a-t-il poursuivi.
Dans le même registre, le colonel Michaël Randrianirina a aussi souligné l’importance de mieux développer la coopération économique et commerciale avec la Russie, en faisant appel à des investisseurs russes à venir à Madagascar, pour qu’ils contribuent à la transformation des matières premières malgaches avant de les exporter.
D’après le chef d’Etat malgache, Madagascar ambitionne de “développer des chaînes de valeur axées sur l’exportation de produits transformés”, en étroite collaboration avec les acteurs économiques des deux pays, par le biais notamment de la chambre de commerce Madagascar Russie.
Et le discours de Michaël Randrianirina trouve un écho dans celui du Vladimir Poutine qui appelle l’Afrique, à s’affranchir de l’héritage colonial, tout en tendant la main aux pays africains, en vue de consolider les partenariats.
Rupture coloniale
« Nous continuerons de travailler avec l’Afrique, non pas pour gagner de l’argent ou lui voler quelque chose comme le faisaient les colonisateurs, mais pour nous développer ensemble». L’Afrique, un continent “très prometteur”
Dans cette optique, le président russe a affiché la volonté de son pays de construire une coopération russo-africaine fondée sur des intérêts mutuels qui, selon lui, se distingue des pratiques des anciennes puissances coloniales. L’objectif affiché est de favoriser un développement partagé plutôt que de privilégier l’exploitation des ressources du continent.
Selon lui, la croissance démographique du continent et les aspirations de sa jeunesse constituent des facteurs favorables au développement économique. Les Etats africains chercheront naturellement à améliorer les conditions de vie de leurs populations, ce qui devrait créer de nouvelles possibilités d’investissement et de coopération. A ce sujet Le président russe estime ainsi que les besoins croissants des populations africaines peuvent ouvrir des perspectives dans plusieurs secteurs, notamment les infrastructures, l’agriculture, l’éducation, les sciences et les échanges commerciaux.
Du côté du Kremlin, l’enjeu est démographique et économique. Poutine a décrit une Afrique jeune, en croissance rapide, dont les aspirations créeront mécaniquement de nouveaux marchés pour les investissements, les infrastructures, l’agriculture, l’éducation et les sciences. Au-delà du discours, Moscou avance des pistes concrètes : renforcement de la coopération commerciale, scientifique et sécuritaire, et création de “hubs” logistiques pour faciliter l’écoulement des produits agricoles entre la Russie et le continent.
Mais pour Madagascar, c’était une occasion de redynamiser la coopération avec la Russie. Et le colonel Randrianirina l’a rappelé à la tribune : « Nous entretenons des relations de coopération depuis 1972. Nous souhaitons consolider cette coopération dans plusieurs domaines prioritaires, notamment l’énergie, le numérique, la santé, l’accès à l’eau potable et l’agriculture. »
Reste à savoir dans quelle mesure cette ambition se traduira par des engagements concrets et des résultats mesurables pour les pays concernés, entre promesse d’un partenariat “loin de l’héritage colonial” et besoins immédiats des populations.
N.A





