« Origines », la nouvelle exposition du Musée de la photographie, à Anjohy, ouvre sa porte au public ce jour et se poursuivra jusqu’en avril prochain. Elle retrace l’arrivée de la photographie à Madagascar, de 1853 à 1890. Lors de la conférence de presse tenue hier à Anjohy, Helihanta Rajaonarison, historienne, enseignante-chercheuse et présidente du Musée de la photo, a expliqué l’impact de cette nouvelle technique à cette époque.
En 1817, soit avant l’arrivée de la photographie, les princes Rahovy et Ratafika ont fait réaliser leur portrait par un peintre étranger lors de leur voyage à Maurice. Fasciné par cette image, Radama Ier a également demandé au peintre André Coppalle de réaliser son portrait. Deux ans après l’achèvement du tableau, le roi est décédé. La reine Ranavalona I a alors interdit la réalisation de portraits. « Selon la reine, ces images captent l’âme de la personne représentée et provoque ensuite sa mort, comme dans le cas de Radama I », raconte Helihanta Rajaonarison.
L’arrivée du missionnaire William Ellis
Arrivé à Toamasina en 1853, le missionnaire William Ellis a emporté avec lui son appareil photo et commencé à prendre des clichés dans la région. N’ayant pas obtenu l’autorisation de se rendre dans la capitale, il n’a pu y accéder qu’en 1856. Ranavalona I refusait toutefois catégoriquement de se faire photographier. Son fils Rakoto, futur roi Radama II, s’est en revanche laissé séduire par cette nouvelle technique. Il a pris contact discrètement et avec le missionnaire et, accompagné de sa femme Rabodo, future reine Rasoherina, a posé pour le premier portrait photographique réalisé à Madagascar. « Ce n’est qu’après la mort de Ranavalona I que la photographie s’est développée à Madagascar. A l’époque coloniale, elle est même devenue une arme », ajoute-t-elle.
Les portraits des rois et reines malgaches
Outre les journalistes, Helihanta Rajaonarison a invité des professeurs, des instituteurs, des professionnels du tourisme et des influenceurs à cette conférence de presse. L’objectif était de faire connaître aux éducateurs et aux guides l’histoire qui se dissimule derrière les portraits des rois et des reines malgaches. « Puisque la photographie est apparue sous le règne du prince Rakoto, avec Rabodo, les portraits peints des rois et reines sont tous des créations postérieures, qu’il s’agisse de celui d’Andrianampoinimerina, du roi Radama I ou de la reine Ranavalona I. Ils ont été réalisés par Philippe Ramanakirahina pour l’Exposition universelle de Paris, au début du XXe siècle », explique-t-elle.
À partir de cette année, l’histoire de la photographie à Madagascar est également intégrée au programme scolaire malgache.
Holy Danielle





