Santé mentale: influence sur les personnes atteintes de cancer

Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale et celle de l’octobre rose, ayant trait à la sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein, la psychologue Dr Koloina Andrianilaina partage l’influence de la santé mentale auprès des personnes atteintes de cancer. Interview.

* Les Nouvelles : Qu’est ce qu’avoir une bonne santé mentale?

– Dr Koloina Andrianilaina : Avoir une bonne santé mentale, c’est parvenir à exprimer ses talents et qualités, être capable de réaliser les projets et gérer sa vie, tout en étant apte à supporter les tensions normales de la vie et les tracas du quotidien. C’est aussi avoir un rôle actif au sein de la famille, des amis, de la communauté et dans le travail ou dans les études. Bien souvent, on a tendance à penser qu’avoir besoin d’aide est une faiblesse. Dans la réalité pourtant, cela signifie être conscient d’une limite et chercher une stratégie pour dépasser cela.

* Sa place dans le cancer ?
– Même si le psychologue ne soigne pas proprement dit la personne atteinte de cancer, il a toutefois une place dans sa prise en charge. Que ce soit lors de l’annonce de la maladie. On parle ici de détresse psychologique réactionnelle qui est induite par les situations éprouvantes et des difficultés existentielles. Ou alors dans les résistances du patient à suivre son traitement. Cela à l’exemple de la durée ou de la lourdeur du traitement, l’échec de guérison ou thérapeutique ou encore de la rechute. A noter cependant que cette prise en charge psychologique n’est pas forcément révélatrice d’un trouble mental.
Mais comme le cancer est une maladie qui s’étale en durée, une fatigue psychologique, voire un désespoir, peut s’installer. D’où le be­soin d’une ressource psychologique, notamment dans la gestion des émotions et du stress.
* Quel est ainsi le rôle du psychologue dans tout cela ?
– Dispenser une thérapie pour atténuer l’impact des phases difficiles de la maladie. L’anxiété et la dépression sont des comorbidités et peuvent entrainer une perte de motivation. Ces difficultés rendent plus compliqué le respect des rendez-vous médicaux, la prise régulière des traitements ou encore le suivi des recommandations des professionnels de santé. Etre accompagné dessus contribue au bien-être du patient. Dans la foulée, des séances de groupe encadrée, pour ne pas se sentir seul dans cette épreuve peut aussi être mise en place. La prise en charge psychologique, c’est encourager les patients à parler de leur souffrance psychologique, pas seulement la maladie, d’où l’importance de prendre en compte le bien-être psychologique dans les soins contre le cancer pour leur donner de l’espoir.

* Et le rôle de l’entourage ?
– Le rôle de l’entourage est également important. Comme le soutien de la famille peut s’amenuiser au fil du temps, elle a aussi besoin d’être écoutée car il se pourrait qu’elle ne puisse plus reconnaître leurs êtres chers aussi bien physiquement ou dans leur personnalité. Il y a ainsi un risque d’épuisement psychologique des proches aidants qui peuvent vivre difficilement cette épreuve en mettant entre parenthèse leur vie, leur activité. Enfin, les familles peuvent reprendre leurs activités propres lors des rémissions et cela affecte les bénéficiaires.

Propos recueillis par Sera R.

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