La contestation prend de l’ampleur au ministère de l’Education nationale (Men). Enseignants et syndicats sont passés à la grève depuis le 5 octobre. Le mouvement intervient en pleine célébration de la Journée mondiale des enseignants, donnant une résonance particulière à une colère qui porte notamment sur les indemnités, les recrutements et le sentiment de mise à l’écart exprimé par les syndicalistes.
Au cœur des revendications figure le non-paiement de l’indemnité de craie de 150.000 ariary à certains enseignants. Les syndicats réclament également davantage de transparence dans le recrutement des enseignants. Ils dénoncent par ailleurs leur sentiment d’être « marginalisés », alors qu’ils affirment avoir participé aux luttes ayant accompagné la mise en place du régime actuel.
La mobilisation concerne également les personnels administratifs, qui réclament une indemnité comparable à celle accordée aux enseignants exerçant en classe.
Une rencontre sous tension
Hier, une rencontre a réuni les représentants syndicaux du Men et du ministère de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle avec les directeurs de cabinet des deux ministères et du ministère de l’Economie et des finances (MEF).
Les discussions ont principalement porté sur l’indemnité réclamée par les personnels administratifs. Selon les responsables du MEF, son versement pourrait intervenir au cours du mois d’octobre 2026, après l’évaluation de son impact sur le budget de l’Etat.
Les syndicats demandent toutefois que cette indemnité soit assortie d’un rappel couvrant les mois de juillet à septembre, puisque les enseignants bénéficient déjà de leur indemnité depuis juillet. Sur ce point, les responsables du MEF n’ont pas pris d’engagement ferme, indiquant qu’ils transmettraient la revendication aux autorités compétentes.
Pour accélérer la procédure, les deux ministères concernés doivent préparer dans les meilleurs délais un projet de décret, qui devrait être soumis au Conseil des ministres cette semaine. L’objectif est de permettre le paiement de l’indemnité avec les salaires d’octobre. Si cela ne pouvait être réalisé dans les délais, une édition spéciale ou un rappel lors de la prochaine paie seraient envisagés.
Ces annonces n’ont toutefois pas suffi à apaiser les syndicats. A sa sortie de la salle,
le président du syndicat du Men, Fidèle Cheston Kambalahy, a affiché son mécontentement, estimant que les réponses obtenues ne répondaient pas aux revendications.
La rencontre n’a donc pas permis de mettre fin au bras de fer. Les syndicats attendent désormais des actes concrets, tandis que la poursuite de la grève maintient la pression sur le ministère.
Fahranarison





