Selon un accord de partenariat qui vient d’être signé, la France a offert à Madagascar une centaine de drones. Ils seront utilisés particulièrement pour la surveillance des côtes sud de la Grande Île. Ils peuvent être affectés à des missions de reconnaissance et d’observation, mais également de surveillance.
Il ne s’agit pas d’un geste de philanthropie. Cette
zone de l’océan Indien ainsi que le canal du Mozambique sont devenus stratégiques pour la navigation maritime depuis les tensions actuelles au Moyen-Orient. Il est
dans l’intérêt de la France d’avoir un œil sur ce qui s’y passe.
Pour Madagascar en particulier, on peut déplorer qu’il ne s’agisse pas de drones d’interception. Leur capacité d’intervention est donc plus ou moins limitée. En effet, Madagascar ne possède pas suffisamment de navires (vedettes rapides, etc.) pour intercepter chaque navire en infraction.
Mais il n’en demeure pas moins qu’il est possible de les bricoler pour les transformer en drones d’attaque. On pense bien que les techniciens malgaches en sont capables, à moins qu’il ne soit formellement stipulé dans l’accord de partenariat récemment signé que ces drones ne peuvent subir aucune modification.
Il faut souligner que l’utilisation de ces drones ne
doit pas se limiter aux côtes du sud du pays. Avec ses 5.000 km de côtes, il est difficile de surveiller les frontières du pays dans le cadre de la lutte contre les différents types de trafics, que ce soit à l’entrée ou à la sortie du territoire.
Pour ces raisons, ces drones devraient contribuer à la lutte contre ces trafics, et pour ce faire, ils devront surveiller toutes les côtes malgaches de manière à ce qu’on ne dise plus que nos frontières sont une véritable passoire. Ce qui est bien vrai, même si cela peut froisser certains responsables.
C’est dans ces conditions seulement que ce don prouvera toute son utilité. À quoi servirait d’observer et de surveiller le trafic maritime près des côtes sud du pays si on n’a pas les moyens d’intervenir en cas d’infraction ou de danger ? Ou bien, faudra-t-il encore attendre l’intervention d’un pays tiers ?
Quand on n’a pas les moyens de ses ambitions, on doit toujours se satisfaire de ce que les autres pays nous donnent. C’est le fruit d’une coopération multilatérale tous azimuts, diront les diplomates. Et dans certains cas, on ne peut pas se permettre de faire la fine bouche.
Du moment qu’ils nous sont utiles, il n’y a pas de mal à accepter ces « cadeaux ». Qu’ils viennent de l’Est ou de l’Ouest, cela a peu d’importance pour un pays non aligné comme Madagascar, du moment qu’il ne s’agit pas d’un cadeau empoisonné.
Ranaivo Lala Honoré





