Responsabilité de l’Etat

Selon les études réa­lisées par les principales organisations financières internationales, le verdict est déplorab­le : Madagascar figurerait parmi les pays les plus pauvres du mon­de. C’est indiscutable si l’on considère le PIB par tête d’habitant à Madagascar comparé à la situation dans d’autres pays.
Mais est-ce vraiment le cas ? Effectivement, certaines choses ne manquent pas de sus­citer des interrogations. Tout d’abord, on peut se demander comment peut-on avoir des chif­fres exacts et réels quand une très grande partie de l’économie du pays tourne dans l’informel ?
Autrement dit, on se base sur des données incomplètes pour con­sidérer et comparer le niveau de développement d’un pays comparé à d’autres ? Les résultats ne reflètent pas la situation réelle dans laquelle on vit dans tel ou tel pays.
D’ailleurs, c’est la pré­pondérance de l’informel qui donne chaque fois le tournis au fisc. Les caisses de l’Etat en souffrent énormément en ma­tière de recettes fiscales. Le fisc serait plein aux as le jour où il parviendra à percevoir cha­que ariary dû aux caisses de l’Etat par les nombreuses activités informelles.
Par exemple, outre les taxis et autres moyens de transport assimilés, les taxi-be, chaque taxi-moto qui roule doit con­tribuer aux recettes fiscales du pays. On pourrait dire la même chose pour tous ces marchands am­bulants qui, en fait, ne font qu’enrichir encore plus, les importateurs fraudeurs.
Et si on arrivait à cerner toutes ces activités, cela donnerait déjà une différence énorme en termes de volume des recettes fiscales. Quoi qu’il en soit, de nombreux signes de richesse extérieure devraient permettre au fisc de savoir par où commencer.
On ne peut que s’étonner du nombre de voitures nouvellement débarquées et qui sont proposées aux intéressés. Dès fois, la mâchoire se décroche automatiquement quand on voit toutes les grandes mar­ques qui défilent dans les rues : Porsche, Mase­rati, Rolls Royce…
Autre fait remarquable, les maisons poussent comme des cham­pignons. C’est comme si les Malgaches étaient frappés d’une frénésie de construire une maison. C’est à croire que le prix des matériaux de construction encourageait les ménages à la construction. Ce qui, en fait, devrait être le con­traire.
Enfin, les maisons de débit de boisson (bar, epi-bar, …) ne désemplissent pas, les beuveries se poursuivent très tard dans la soirée. Si ces gens étaient pauvres, ou trouveraient-ils de l’argent pour payer ce qu’ils ont consommé ? On peut être certain, qu’ils n’ont pas bu à l’œil.
Il y a une chose qu’on ne peut pas nier : Il existe une mauvaise redistribution de la richesse et c’est flagrant. On ne peut que le déplorer. Et cette situation semble se renforcer à tel point que les riches deviennent plus riches et le pauvres plus pauvres. Si on veut chan­ger les choses, cela relève du domaine de la res­ponsabilité de l’Etat.

Ranaivo Lala Honoré

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