Un Jeff Bezos en herbe! Herilala Rakoto a 21 ans. Avec trois amis, il vient de lancer Viktoo, une application de commerce en ligne. Herilala Rakoto n’en est pas à sa première aventure entrepreneuriale. Il avait créé sa première entreprise à 18 ans. Outre Viktoo, il a déjà cofondé une entreprise de services numériques ainsi qu’une plateforme numérique dédiée à l’apprentissage de l’art oratoire. Nous l’avons rencontré au Youth Leader Summit, un événement de la Jeune Chambre internationale Madagascar, le 1er octobre dernier, à l’occasion de la promotion de Viktoo. Rencontre.
À 21 ans, vous êtes déjà un “serial entrepreneur”. Racontez-nous votre parcours…
Je suis en première année de master en mathématiques, informatique et statistique appliquée (MISA) à l’Université d’Antananarivo. J’ai toujours été passionné par les sciences et la technologie. À l’école, j’avais déjà de bonnes notes en mathématiques et en physique. J’ai toujours été curieux. On m’avait même déjà surnommé “Documentaire” à un moment donné, parce que je racontais toujours des documentaires. C’est d’ailleurs à travers un documentaire que j’avais découvert Elon Musk, l’une de mes sources d’inspiration. Son histoire m’avait beaucoup motivée. J’admire aussi le sens de l’innovation dans l’histoire d’Apple et la persévérance racontée dans celle d’Amazone. J’ai plusieurs casquettes, en plus de celle d’entrepreneur. Je suis aussi vice-président de la JCI Iarivo, par exemple.
Vous avez récemment lancé Viktoo avec des amis. Parlez-nous de l’application
Elle est encore en phase de test auprès d’utilisateurs pilotes depuis quelques mois. L’application combine réseaux sociaux et shopping. Elle reprend l’interface des réseaux sociaux, très en vogue actuellement. Nous avons eu l’idée de créer Viktoo en 2024. Au départ, nous étions un groupe de plusieurs amis à avoir eu cette idée. Chacun a ensuite emprunté un chemin différent. Nous n’étions plus que quatre pour concrétiser le projet au final. Je suis le seul à avoir suivi une formation en informatique, les autres sont dans le marketing, la relation client et la logistique. Au départ, nous voulions juste créer une plateforme de commerce en ligne destinée uniquement aux étudiants d’une université. Après réflexion, nous nous sommes dit que l’application pourrait intéresser tous les jeunes qui achètent en ligne. Nous ciblons les jeunes et les vendeurs actifs sur les réseaux sociaux. L’application entend alléger les difficultés logistiques des vendeurs, notamment en matière de livraison et de gestion des stocks. Elle propose une nouvelle expérience aux acheteurs. Viktoo veut limiter les longs échanges des acheteurs avec les vendeurs, comme ce qui se fait sur les réseaux sociaux à Madagascar aujourd’hui. Les acheteurs, en ouvrant l’application, auront déjà toutes les informations sur le produit. Il suffit de cliquer pour valider un achat. Nous assurons la livraison.
Quelles dépenses avez-vous engagées lors de la conception de l’application ?
Moi, je suis déjà dans le monde de l’informatique. 80% du projet était mon idée. Pour ce qui est du développement, il faut savoir que tout se fait sur l’intelligence artificielle aujourd’hui. C’est un monde où l’on peut tout créer, gratuitement.
Comment comptez-vous gagner de l’argent avec l’application donc ?
Comme Viktoo est une plateforme de vente, nous allons prélever une commission auprès de l’acheteur à chaque achat. Cette somme est détaillée explicitement dans le panier du client lors de la validation de sa commande.
Le secteur dans lequel vous évoluez offre encore de nombreuses opportunités. Comment comptez-vous vous démarquer de la concurrence et éviter que cette multiplication d’initiatives ne freine le développement de Viktoo ?
Je ne crains pas la concurrence. J’encourage même les jeunes à se lancer. Très franchement, c’est la résistance au changement qui m’inquiète. Nous, Malgaches, sommes réputés ne pas apprécier le changement. Si vous venez, par exemple, convaincre un vendeur que vous avez une meilleure solution pour son activité, il n’acceptera jamais de sortir de sa zone de confort. Seule la technique de bouche-à-oreille permettra à ce vendeur de changer d’avis. Nous avons tendance à croire davantage au retour d’expérience d’une connaissance qu’aux arguments d’un inconnu.
Propos recueillis par
Fenitra Rarivoson





