La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a rejeté, hier, les accusations la mettant en cause dans la libération clandestine de onze détenus chinois. Elle a indiqué qu’elle n’avait donné aucun ordre en ce sens, estimant que l’enquête devrait déterminer clairement les responsabilités de chacun dans cette affaire.
Lors d’une conférence de presse tenue hier à l’aéroport d’Ivato, la ministre a réaffirmé son démenti. Elle a contesté les déclarations du secrétaire général du syndicat des agents pénitentiaires, Mohamed Razafimberison, qui soutient qu’elle aurait ordonné la libération des onze détenus.
La ministre a précisé que sept des onze ressortissants chinois recherchés se trouvent toujours à Madagascar, tandis que quatre ont déjà quitté le territoire. Les sept autres font encore l’objet de recherches. «Si je devais donner des ordres, je m’adresserais aux hauts responsables de la Justice, et non à un syndicat», a-t-elle déclaré, ajoutant que son ministère respectait l’indépendance de la justice et les règles légales.
Fanirisoa Ernaivo a également démenti avoir rencontré le responsable syndical le 17 août. Elle affirme que les images des caméras de surveillance et les registres de son bureau à Faravohitra permettraient de vérifier l’identité des personnes qu’elle a reçues.
Selon la ministre, Mohamed Razafimberison serait responsable de la libération des ressortissants chinois. Elle avance notamment que sa signature figure dans le registre de la prison, pour étayer ses déclarations.
Pour rappel, le secrétaire général du syndicat pénitentiaire avait affirmé dans une déclaration que la ministre de la Justice l’avait contacté, ainsi que le directeur de la prison, afin d’organiser la libération des onze détenus chinois. Selon lui, ces derniers auraient été prêts à verser plusieurs milliards d’ariary en échange de leur remise en liberté. Il avait également évoqué des échanges avec un certain José, présenté comme un intermédiaire présumé.
D’après Mohamed Razafimbeloson, les détenus avaient été transférés de la prison d’Avaradrano à celle d’Antanimora avant leur libération. Il a ajouté qu’ils avaient quitté Madagascar dès le mois d’août et qu’il disposait de copies d’éléments de preuve provenant de policiers affectés à la Police de l’air et des frontières (Paf).
L’enquête se poursuit. A ce stade, aucune décision judiciaire n’a encore établi les responsabilités individuelles dans cette affaire. Les accusations et les démentis restent donc à examiner dans le cadre de la procédure en cours.
N.A





