A Madagascar, la filière huile végétale, qu’elle soit alimentaire ou cosmétique, fait face à plusieurs freins structurels, administratifs et économiques majeurs malgré qu’elle regorge beaucoup d’opportunités. Une situation qui a motivé Sederthinah Volatinjanahary, une étudiante dans le parcours Gestion et valorisation des ressources naturelles de la mention Environnement de l’université de Vakinankaratra, dans sa mémoire de Licence, de faire une étude comparative entre l’extraction traditionnelle et moderne d’huile végétale du Neobrochoneura acuminata (Myristicaceae) ou « Ilo », un arbre endémique des forêts d’altitude et littorales de la côte Est de Madagascar. Interview.
* Les Nouvelles : Pourquoi avez-vous choisi ce thème ?
– Sederthinah Volatinjanahary : L’huile végétale de cette plante appelée localement «Ilodràrà» a été utilisée pour la prise en charge des problèmes de voie respiratoire ainsi que dans le soin capillaire. Comme je suis passionnée des produits naturels impliqués dans le soin capillaire, étudier et optimiser cette huile m’a beaucoup motivé.
* Concrètement, quel protocole avez-vous suivi pour analyser et valoriser cette huile ?
– Pour mener à bien cette étude comparative, j’ai testé deux méthodes distinctes à partir de graines préalablement broyées et pesées.
La méthode traditionnelle ou extraction à chaud. Nous avons plongé 200 g de poudre de graines dans 5 litres d’eau bouillante, avant de laisser le mélange reposer et refroidir pendant 24 heures. L’huile qui a décanté à la surface a ensuite été collectée, pesée, puis analysée par Chromatographie en phase gazeuse (CPG).
Pour la méthode moderne ou extraction par solvant. En parallèle, 200 g de poudre ont subi une double macération successive dans 500 ml d’hexane. Après évaporation sous vide du filtrat, l’huile obtenue a également été soumise à une analyse par CPG.
* Quels sont les résultats que vous avez obtenus ?
– Les résultats montrent que l’extraction par solvant hexane permet d’obtenir un rendement plus élevé (41,1%) que l’extraction à chaud (21%). L’identification des pics chromatographiques a été réalisée selon la méthode «Area» et confirmée par le calcul des longueurs de chaînes équivalentes (LCE). Les profils obtenus pour les deux méthodes d’extraction sont globalement similaires, indiquant que le procédé d’extraction influence davantage le rendement que la nature des acides gras extraits. Les résultats révèlent une composition dominée par l’acide myristique (environ 62–64%) et l’acide oléique (environ 24–25%), accompagnés de faibles proportions d’acides palmitique, stéarique, linoléique et arachidique.
* Vos recommandations après cette étude ?
– Économiquement, la technique traditionnelle reste toujours moins fiable que
l’utilisation des solvants ou technique moderne. Mais écologiquement, elle reste toujours la technique la plus sûre. L’étude a montré que du point de vue qualité, il n’y a pas de grande différence entre les deux techniques. Force est toutefois de constater que la faiblesse des infrastructures et logistiques empêche la promotion et l’efficacité de nos produits naturels.
Propos recueillis par Sera R.





