Transparency International réclame l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante, à l’abri de toute pression politique et de tout conflit d’intérêts, relative à la libération controversée de 11 ressortissants chinois des prisons d’Avaradrano et d’Antanimora, fin août.
Dans un communiqué publié hier, l’organisation demande que les circonstances de cette affaire soient éclaircies et que les responsabilités soient clairement établies à tous les niveaux. Elle insiste sur la nécessité de garantir l’indépendance de l’enquête afin d’établir la vérité sur les faits et d’identifier les responsables.
Condamnés par la justice malgache pour escroquerie en ligne, les onze ressortissants chinois ont quitté les établissements pénitentiaires dans des circonstances floues qui « n’ont pas encore été clairement établies », souligne l’organisation.
Pour Transparency International, les investigations ne doivent pas seulement cibler les agents pénitentiaires susceptibles d’être impliqués. Elles doivent également porter sur le fonctionnement des mécanismes de contrôle et le rôle du ministère de la Justice, tutelle de l’administration pénitentiaire.
« La responsabilité du ministère de la Justice est pleinement engagée et sa reddition de comptes constitue une obligation », affirme l’organisation. Elle demande aux autorités d’expliquer les raisons de la détection tardive des faits, de préciser les dispositifs de contrôle en place au moment des événements et de présenter les mesures correctives destinées pour que ce genre de scandale ne se reproduise.
L’enquête devra notamment établir la chronologie des faits et vérifier les documents ainsi que les décisions ayant autorisé ou facilité la sortie des détenus. Transparency International appelle également à examiner toute éventuelle implication dans des faits de corruption, de trafic d’influence ou d’abus de fonctions, sur la base d’éléments vérifiables.
Parmi les mesures préconisées, la réalisation d’un audit indépendant des procédures de transfèrement et de levée d’écrou, le renforcement des contrôles au sein des établissements pénitentiaires ainsi que la sécurisation des registres. L’organisation demande enfin que les autorités communiquent régulièrement sur l’évolution de l’enquête, dans le respect du secret de l’instruction et des droits de la défense.
S.A





