Concertation nationale: les retards alimentent les inquiétudes sur la stabilité politique

Alors que la transition politique malgache doit déboucher sur des élections en 2027, les retards accumulés dans l’organisation de la concertation nationale, suscitent des préoccupations. Le parti Otrikafo, dirigé par Elia Rabevahiny, conseiller spécial du président de la Refondation, appelle à accélérer le processus, afin d’éviter de nouvelles tensions politiques.

Le temps presse. Face aux retards dans la mise en œuvre du processus de concertation na­tionale, le parti politique Otrikafo tire la sonnette d’alarme face aux risques d’instabilité politique. Pour cette formation, «il est indispensable d’assainir le climat politique avant d’engager le pays dans de nouvelles élections».
«Engageons-nous maintenant dans cette concertation nationale», a lancé Elia Rabevahiny, président du parti et conseiller spécial du président de la Refondation.
« Des mesures doivent être prises afin d’éviter que les problèmes et les irrégularités constatés lors des précédentes élections, ne se reproduisent », a souligné Elia Rabevahiny. « Nous invitons ainsi l’ensemble des forces politiques et des parties prenantes à s’engager dans ce processus de concertation nationale avant de poursuivre les différentes étapes de la préparation des élections », a-t-il continué.
En d’autres termes, le parti Otrikafo veut remettre après la concertation nationale le débat sur la législation électorale et l’adoption de la loi y afférente. C’est une manière d’apaiser les tensions et d’aplanir les différends parfois séculaires entre différentes sensibilités, avant d’entamer ce grand débat.

Compromis solides
Cette intervention intervient alors que le Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM) peine à respecter les échéances du processus. Les consultations au niveau des fokontany, ont pris du retard, tandis que les étapes nationales doivent encore permettre de dégager les grandes orientations de la Refondation. Pour rappel, le pouvoir de transition s’est engagé à organiser des élections en 2027, avec un scrutin constitutionnel et une présidentielle.
Outre les contraintes techniques et organisationnelles, c’est la question de la confiance entre les acteurs politiques qui suscite l’inquiétude. Une concertation tardive ou insuffisamment inclusive pourrait alimenter les contestations sur les règles du jeu électoral. A l’inverse, une démarche largement ouverte permettrait de prévenir les différends susceptibles de fragiliser la transition.
La mise en garde du parti Otrikafo rejoint, sur ce point, les préoccupations du président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina. « Madagascar entrera prochainement dans la préparation des élections et la stabilité constitue une garantie essentielle à leur bon déroulement », a-t-il indiqué.
A mesure que les échéan­ces de 2027 approchent, la concertation nationale apparaît ainsi comme l’un des principaux défis politiques de la Refonda­tion. Le FFKM a donc intérêt à obtenir des compromis suffisamment solides pour accompagner le retour à l’ordre constitutionnel dans l’apaisement.

Tivo Rasam

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