Moscou : Randrianirina annonce l’envoi de fonctionnaires malgaches en formation en Russie

Salle comble à l’Académie russe de gestion des affaires publiques. Invité d’honneur ce 28 octobre à Moscou, le colonel Michaël Randrianirina y a donné une conférence très politique sur sa vision de la Refondation. Face au recteur Alexa Komissarova, aux professeurs et aux étudiants de cette grande école qui forme l’élite administrative russe, le Président de la Refondation a centré son propos sur un thème : le numérique et l’intelligence artificielle au service de l’Etat.

Madagascar veut s’ins­pirer de la méthode russe : détecter et former très tôt les futurs cadres de l’Etat. «Une des expériences que Madagascar veut tirer de la Russie, c’est la pré­paration dès le plus jeune âge de ceux qui vont diriger le pays», a déclaré le colonel. Annonce concrète à la clé : des hauts fonctionnaires malgaches seront en­voyés en formation à Mos­cou. Objectif affiché : moderniser la gestion publique et surtout, «renforcer le patriotisme et la lutte contre la corruption».

Des problèmes hérités de la colonisation
Le chef de l’Etat a profité de la tribune pour revenir sur son propre parcours avant d’exposer les blocages qu’il entend briser à Anta­nanarivo. Il a dénoncé la lourdeur administrative qui, selon lui, «ralentit le développement et ouvre la porte à la corruption». «Ce sont des problèmes hérités de la colonisation», a-t-il martelé. Pour lui, la solution passe par le numérique, dont il assure avoir déjà vu les premiers effets positifs dans la simplification des procédures.

Une coopération sans conditionnalité
Le passage le plus ap­plaudi a concerné la nature même du partenariat avec Moscou. Dans un contexte de rivalité d’influences, Ran­drianirina a voulu marquer la différence : «La Russie ne force pas Madagascar à suivre sa politique ou son idéologie. Elle partage des méthodes de travail, que nous pouvons adapter à nos valeurs malgaches, notamment au fihavanana». Un message en parfaite résonance avec celui délivré la veille par Vladimir Poutine au Sommet Russie-Afrique, qui promettait un partenariat «non pas pour gagner de l’argent comme le faisaient les colonisateurs, mais pour se développer ensemble». A Moscou, la curiosité pour la trajectoire malgache était palpable, signe que la Refondation cherche aussi à s’exporter comme récit.

N.A

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