La démolition des derniers box commerciaux autour du lac de Behoririka a provoqué de vives tensions samedi après-midi. Des commerçants opposés à cette opération ont manifesté leur mécontentement, entraînant des affrontements avec les forces de l’ordre. Des grenades lacrymogènes ont été utilisées pour disperser les contestataires. Selon des sources présentes sur place, le calme n’est revenu que peu après minuit, tandis que certains commerçants situent la fin des tensions vers 1 heure du matin.
Les opérations de démolition ont commencé aux alentours de 16h45. Les commerçants dénoncent le peu de temps qui leur aurait été accordé pour récupérer leurs marchandises avant l’arrivée du bulldozer. « Nous n’avions pas encore commencé à ranger nos marchandises lorsqu’un huissier est arrivé pour nous annoncer que le délai accordé était arrivé à expiration », rapportent-ils. Ils affirment n’avoir disposé que de cinq minutes pour sauver leurs biens. « Nous avons récupéré à la hâte ce que nous pouvions. Beaucoup de marchandises ont été perdues pendant le rangement », déplorent-ils.
La contestation s’est intensifiée au fil de l’intervention. Des bousculades ont opposé les commerçants aux agents mobilisés pour sécuriser les lieux. Des objets ont également été brûlés sur la chaussée. Face à la résistance des manifestants, des renforts des forces de l’ordre ont été déployés. Des grenades lacrymogènes ont alors été utilisées pour disperser les contestataires et permettre la poursuite des démolitions.
Dimanche matin, plusieurs vendeurs sont revenus sur les lieux pour récupérer ce qui pouvait encore être utilisé, notamment les planches et les tôles provenant de leurs anciennes installations. Ils contestent également le calendrier de leur évacuation. « Des discussions avaient déjà eu lieu avec la Commune. Nous avions convenu que nous partirions en janvier, mais nous sommes maintenant expulsés plus tôt », déplore un commerçant. Certains affirment avoir demandé un délai supplémentaire de deux mois, sans obtenir de réponse précise.
Le relogement constitue une autre source d’inquiétude. Certains commerçants, particulièrement les grossistes, estiment que le nouveau marché proposé ne répond pas aux exigences de leurs activités. Ils évaluent à environ 5.000 le nombre de vendeurs concernés par cette opération. Plusieurs redoutent de ne pas trouver d’emplacement adapté. « Si la Commune ne trouve pas de solution pour nous, nous serons contraints de vendre au milieu de la route », préviennent-ils.
La CUA indique, de son côté, avoir aménagé un nouveau marché de trois étages, pouvant accueillir environ 800 vendeurs. Cette infrastructure est destinée à regrouper les commerçants et à libérer les trottoirs ainsi que les abords des canaux d’évacuation des eaux. Elle s’inscrit dans le projet de réorganisation des activités commerciales à Behoririka.
La démolition des box entre dans le cadre du programme d’assainissement et de réhabilitation du lac. La Commune entend notamment préserver ce plan d’eau, dont la capacité de collecte et de rétention des eaux pluviales contribue à la gestion des risques d’inondation dans la capitale. Dans son communiqué, la CUA rappelle que l’intérêt général constitue sa priorité et présente cette opération comme une première étape des travaux de réhabilitation, qui doivent se poursuivre.
S.A





