A une dizaine de jours de la 65e célébration du retour à l’Indépendance, bon nombre de Tananariviens se font encore prier pour honorer la lever de drapeau. D’habitude, ils adhèrent au respect de ce symbole de la souveraineté du pays dès le début du mois de juin.
Selon l’avis d’un historien et non moins sociologue, joint au téléphone hier, l’inflation, l’insécurité et le marasme politique actuels, largement médiatisés, notamment sur les réseaux sociaux, provoque un sentiment d’isolement auprès des citoyens qui ne s’occupent plus, de ce fait, que des moyens de survie. Il déplore ainsi cette politique d’autruche où l’on oublie totalement son devoir de citoyenneté.
Selon toujours notre source, cette situation reflète également le désengagement civique, surtout au cours des vingt dernières années. « Un naufrage culturel, car l’éducation dispensée n’était pas orientée vers la formation d’un véritable citoyen », a-t-il souligné.
La situation est pire chez les jeunes. Sur une vingtaine de jeunes qu’on a croisé dans la rue, majoritairement des lycéens, une quinzaine n’ont pas pu donner de réponse exacte sur la signification du lever de drapeau lors d’un événement. Selon eux, voir flotter un drapeau signifie une grande fête comme les exhumations, les circoncisions et la fête nationale.
Force est toutefois de reconnaître que les ruraux arborent beaucoup plus le drapeau malgache que les citadins à l’occasion de la fête nationale. « Comme les ruraux sont rattachés à la terre, ils sont facilement convaincus de son importance, et deviennent par conséquent plus ou moins nationalistes », selon notre sociologue. Ce qui n’est pas le cas des citadins, dont la majorité est des locataires de leurs lieux d’habitation.
Sera R.




