Corruption dans le secteur de la santé: les hôpitaux publics sont les plus touchés, selon TI-MG

Transparency-International initiative Madagascar (TI-MG), a présenté hier à Antaninarenia, les résultats 2023-2024 du baromètre de la Corruption dans le Secteur de la Santé à Madagascar (B-Corsan), plus précisément dans 18 districts, avec l’appui de l’Union européenne. Cette fois encore, les efforts déployés n’ont pas apporté les résultats escomptés.

Le premier B-Corsan a été lancé en 2019 à Madagascar et depuis, le pays fait face à une mauvaise note, largement en dessus de la moyenne. Pire, les résultats de cette troisième édition font encore paraître que la corruption gangrène encore les hôpitaux publics avec des scores de 2,32/4 pour la délivrance des soins et 2,21/4 pour la vente de médicaments. En 2020, Ma­dagascar a obtenu une note de 3,1/4. A Fianaran­tsoa et à Antananarivo, le score était de 3,7/4.
Des efforts ont été dé­ployés dans la lutte contre la corruption dans le secteur santé, mais les résultats n’ont pas suivi. Pourtant, par rapport à 2021, la situation s’améliore dans les CSB, avec une prévalence modérée de 1.82/4 concernant la délivrance de soins et 1.80/4, en matière de vente de médicaments.

«La situation en matière de corruption est préoccupante dans les hôpitaux publics. Dans le Centre de santé de base (CSB), où les services devraient être gratuits, la transparence est de mise et doit être renforcée, concernant particulièrement le prix des médicaments», a indiqué le chargé de projet de Transparency-Interna­tional initiative Madagascar, Pruvot Gérald Andriama­nan­jara.
D’après toujours les ré­sultats de ce B-Corsan, la corruption et le favoritisme sont toujours liés dans les hôpitaux publics. Et certains professionnels de santé en sont conscients, tout en fermant les yeux, car ils ont peur de dénoncer, l’un des obstacles à la lutte contra la corruption. Alors que ce fléau peut aussi conduire à des décès dans les hôpitaux publics.

«Selon notre enquête, une femme enceinte ayant accouché au CSB, a perdu la vie, car on lui a demandé de l’argent alors que c’est gratuit, à l’exception des médicaments. Le coût moyen d’un accouchement dans les CSB varie de 70 000 à 100 000 ariary, mais certains sont légalement tenus de faire preuve de transparence», a soulevé Pruvot Andriama­nanjara Gérald.

Recommandations
Face à ce constat, la TI-MG propose 8 recommandations, à savoir renforcer la transparence dans la gestion des établissements de santé, former les agents de santé à l’éthique et la lutte contre la corruption, mettre en place des canaux de dénonciation surs, appliquer des sanctions dissuasives, impliquer les citoyens dans la gouvernance sanitaire, évaluer régulièrement les dispositifs en place, faciliter l’accès à l’information dans les centres de santé et promouvoir une culture d’intégrité à tous les niveaux.

N.A

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