Une exposition inédite toute en couleurs et sous toutes ses formes. Tombé du rideau se samedi sur la première édition du « Malagasy design gaze » à la Flow gallery à Ivandry, sous le thème de « Design vivant » qui a proposé de découvrir depuis le 7 juin, le travail de 8 designers d’exception ayant de l’étoffe. Première édition, premier succès.
Les regards croisés des designers exposants, sont le reflet de leur âme artistique en tissant des liens fascinants au monde de vivant, une source d’inspiration inépuisable. Dans toute leur splendeur, les œuvres de Ando Ramanantsoa, spécialiste en céramique, ne passent pas inaperçues. L’artiste façonne à sa manière la nature morte de fruits, de légumes du terroir, à l’exemple de l’ «angivy» et même de bois brûlés, pour créer ses œuvres. Et le contraste est harmonieux, en accentuant des détails les plus fins.
Dans son espace d’exposition, Chloé Soafaniry, passionnée de tresse et néanmoins la lauréate du concours Paritana 2025, invite les visiteurs à découvrir et apprécier deux vases imperméables en raphia tressé. Les ondulations sont parfaites, apportant un équilibre entre légèreté et structure. Les volumes se superposent comme des pétales.
Pour la designer Fanja R, sa matière de prédilection est la pierre, associée à l’eau. Ses œuvres séduisent au premier regard et donnent l’impression que la coulure prend vie, pour créer des œuvres uniques, à l’image de broches en argent 925.
A la fois designer et architecte, Kiady Ratovoson transforme les bois, notamment les varongy et les sisals, en un véritable travail d’orfèvre. Il a exposé trois bancs et trois tabourets aux courbes élégantes avec un grand souci de détail.
Dans la foulée, le créateur du logo de Malagasy Design Gaze, Iandry Randriamandroso résidant actuellement aux Etats-Unis, fait aussi partie des 8 designers de l’exposition, en adoptant le minimalisme dans son design graphique, vecteur d’un puissant message profond de paix, de solidarité…Chacun de ses tableaux met en relief un dessin de main avec une colombe et un signe.
Quant à Georges Floret et les ateliers d’Analakely, ils ont choisi d’exposer des œuvres fascinantes créées avec des pierres semi-précieuses, témoignant de leur savoir-faire et leur maitrise de la forme.
Dans l’art textile, le spécialiste en la matière, Eric Raisina a présenté 7 pièces mettant en exergue les magnifiques paysages de Madagascar, lui rappelant également son enfance, comme le coucher du soleil à Mahajanga, les rizières, la couleur bleue de la mer de Toamasina… Il figure actuellement parmi les artistes internationaux qui ont collaboré avec la maison Yves Saint-Laurent, notamment dans la création de la fourrure en soie pour la marque.
Puis, Saïda Augustine a invité le public à une réflexion sur la notion de la nature, de la féminité et la liberté, à travers les arts visuels et l’artisanat, tout en brodant la mémoire du vivant, sur la base des relations interpersonnelles.
« Laisser les designers considérer l’objet comme une interprétation de leur environnement, une fonction libre et ludique. Des objets qui respirent et empruntent à la nature un langage organique, des objets dont chaque courbe et chaque couleur sont explorées pour communiquer intimement avec nous », selon la curatrice et co-initiatrice de l’exposition, Ihoby Rabarijohn. Vivement la deuxième édition.
RA




