Recrudescence des cas d’intoxication alimentaire: baisse significative des chiffres d’affaires des restaurateurs et gargotiers

La situation est devenue invivable pour les restaurateurs et gargotiers, depuis que des cas d’intoxication alimentaire survenus un peu partout dans le pays, ont fait des victimes. Les clients, même les habituels ne sont plus au rendez-vous, entrainant une baisse significative des chiffres d’affaires.

Plus de deux semaines après le décès de plusieurs personnes, victimes d’une intoxication alimentaire sévère, la psychose s’empare de la population et l’inquiétude ne faiblit pas. Et les restaurateurs, les gargotiers et les organisateurs d’événements familiaux comme les anniversaires et les ma­riages se disent préoccupés par cette situation alarmante. Des chiffres d’affaires qui s’effritent et des commandes en baisse, pour la simple raison que les clients désertent leurs établissements et ne font plus appel à leurs services.
« Nos ventes sont en baisse, voire s’effondrent car les gens ont peur de consommer en dehors de leur foyer », a fait savoir Onjaniaina Valerie, une gargotière à Behoririka tout en indiquant qu’elle a dû ré­duire ses produits à commander, à hauteur de 40% à 60% en fonction des circonstances.
« Les affaires ne sont pas très florissantes en raison de la psychose qui s’installée, d’autant que les cas d’intoxication alimentaire qui affluent de partout », a mentionné Naina, un gargotier à Ambondrona tout en ajoutant que ses chiffres d’affaires et ses bénéfices au quotidien, ont baissé jusqu’à 50%. « Il n’y a plus que les clients habituels qui viennent chez nous », a-t-il souligné.
Certains restaurateurs ont aussi fait le même constat. « Si cela continue, ça s’annonce mal pour nous. On paie déjà le prix fort de cette crise », a laissé entendre Haja R qui gèré un établissement à Ana­lakely. « On a déjà perdu 50% de nos clients fidèles », selon lui.
« Depuis le cas enregistré à Ambohimalaza faisant plus d’une vingtaine de morts, l’impact économique dans le do­maine de la restauration, est considérable. Par peur des into­xications alimentaires, les gens préfèrent ne plus assister à une fête, cérémonie ou autres », a déclaré Viviane Dewa, mi­nistre du Tourisme et de l’artisanat dernièrement.
« Certains ont même annuler des événements familiaux déjà prévus » a-t-elle souligné.

Prise de responsabilité

« Depuis ces événements, nos éléments se mobilisent sur le terrain d’autant plus que nombreux sont les espaces qui œuvrent dans l’informel, le but étant de les mettre sur le droit chemin à savoir les inciter à régulariser leurs activités » a spécifié la ministre.

Le ministère de l’Industri­alisation et du commerce (MIC) a quant à lui renforcé les inspections auprès des supermarchés et autres pour protéger au mieux les con­sommateurs. Mis à part cela, le MIC a émis une déclaration indiquant que les aliments identifiés comme étant à l’origine de l’intoxication alimentaire survenue dans plusieurs capitales régionales de Madagascar ont été immédiatement retirés du marché. Le ministère fait également appel aux consommateurs à redoubler de vigilance.
Le ministre David Ralam­bofiringa a démenti lors de son passage sur la chaîne nationale, le 26 juin l’affirmation selon laquelle l’huile Hina produit à Toamasina n’est pas comestible.
Selon ses explications, cette production est entièrement conforme aux normes en vigueur et que plusieurs tests sont effectués par le ministère avant sa distribution et sa commercialisation auprès des consommateurs.
« Une visite de l’entreprise concernée sera prochainement programmée en compagnie des diverses associations de protection de consommateurs pour constater de visu ce qu’il en est réellement » a-t-il conclu.

Jean Riana

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