Le gouvernement malgache a décidé de rétablir la TVA de 20 % sur les intérêts des crédits bancaires. Comme annoncé par l’Association professionnelle des banques de Madagascar (APB), cette mesure entre en vigueur ce jour, sauf changement. « Les modalités concrètes de mise en œuvre de cette TVA restent néanmoins à définir », a précisé hier la ministre de l’Economie et des Finances (MEF), Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison.
Officiellement, il ne s’agit pas d’un nouvel impôt, mais d’une exonération suspendue depuis 2006, selon les explications de la ministre Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison. Et la Grande argentière insiste sur ce point, « Ce n’est pas une nouvelle taxe, mais la fin d’un avantage. C’est un dispositif suspendu qui est simplement remis en place ». Soit une levée d’incitation fiscale.
« Les modalités concrètes d’application de cette TVA restent à définir. Des discussions sont toujours en cours entre les autorités et les établissements bancaires afin de préciser les conditions de collecte et de reversement de cette mesure sensible », précise la ministre. Elle ajoute que « cette mesure n’aura pas d’effet rétroactif et que ses modalités d’application restent en cours de négociation avec les établissements de crédit. L’entrée en vigueur est prévue pour ce 1er juillet 2025, selon la Loi de finances 2025 ».
Cette décision se justifie effectivement par « un manque à gagner de 2.400 milliards d’ariary en 2024 – soit près de 3 % du PIB », dans les caisses de l’État malgache. En ligne de mire : les nombreuses incitations fiscales, jugées trop généreuses. Et selon toujours la ministre : « Dans le cadre du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) signé avec le Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement s’engage à réduire ces dépenses fiscales de 280 milliards d’ariary par an. Nous devons ainsi nous préparer à voir des incitations fiscales supprimées chaque année, et ce, pendant trois ans ».
Elargir l’assiette fiscale, selon le FMI
Pas question d’augmenter les impôts, assure le représentant du FMI à Madagascar, Kodjovi Mawulikplimi. L’objectif est d’élargir l’assiette fiscale sans alourdir la pression sur les contribuables. Pour atteindre cette cible, les autorités ont choisi de rétablir la TVA de 20 % sur les intérêts bancaires.
Et face aux critiques, la ministre tient à rassurer l’opinion. « Le gouvernement agit avec prudence et ne prendra aucune décision imprudente. Nous savons que les bailleurs de fonds et les institutions financières suivent de près nos réformes », a-t-elle affirmé.
Le choix s’est porté sur les intérêts bancaires après que le gouvernement a écarté l’idée de taxer des secteurs sensibles comme le riz ou l’eau, pourtant suggérés par le FMI. « Nous avons préféré préserver ces filières stratégiques et concentrer notre action ailleurs », explique la ministre. D’autant qu’aucune différence significative n’a été observée entre les périodes de taxation et d’exonération des intérêts, justifie-t-elle. Cette retaxation devrait générer 116,64 milliards d’ariary de recettes supplémentaires.
Arh.




