Le procès de l’attentat aux cocktails Molotov déposés devant la Villa Pradon et le Pôle anti-corruption (Pac) aux 67 ha, s’est tenu mercredi dans la salle d’audience de la Cour criminelle ordinaire (CCO) Anosy. Le principal accusé, le médecin colonel Patrick Rakotomamonjy, est condamné par contumace, à 20 ans de travaux forcés.
Fin avril, après avoir bouclé les enquêtes, le Tribunal de première instance à Anosy, a engagé des poursuites contre trente personnes, dont l’épouse du Colonel, Patrick Rakotomamonjy, suspectées d’avoir aidé, à préparer un attentat aux cocktails molotov visant la Villa Pradon et le Pôle anti-corruption (Pac) aux 67 ha.
A l’issue de leur déferrement, cinq individus ont été placés sous mandat de dépôt dont un agent de sécurité de la Villa Pradon, un agent de la Cnaps, deux employés du foyer « La Cohésion » et l’épouse du colonel. Cette dernière a été détenue à Antanimora, les autres à Tsiafahy. Trois autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
Quant au colonel, il reste en cavale et a apparemment réussi à quitter le pays, en donnant signe de vie, à travers ses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, accusant certaines personnalités politiques du pays. Et cela n’a pas empêché son procès de se tenir et surtout le jugement. Le Colonel, Patrick Rakotomamonjy, est condamné par contumace à 20 ans de travaux forcés. Son supposé complice a écopé de 10 ans de prison, tandis que les autres suspects ont été acquittés au bénéfice du doute.
Et la femme du Colonel
La femme du colonel, incarcérée fin avril puis libérée sur ordre du président de la République le 5 mai, a été acquittée par la CCO. Toutefois, selon une source proche de l’affaire, elle aurait été réincarcérée en attendant un éventuel pourvoi en cassation du ministère public,qui pourrait prolonger sa détention jusqu’à une décision définitive. Jointes par Les Nouvelles, les autorités pénitentiaires et judiciaires n’ont pas confirmé cette information. La question est de savoir si le ministère public respecte l’ordre que le président de la République a donné, celui de libérer la femme du Colonel ou une procédure en cassation sera engagée pour la maintenir en détention.
Pour rappel, dans la nuit du 3 avril, une bouteille suspecte contenant un liquide inflammable, ressemblant à un cocktail Molotov, a été découverte devant le portail du Pac aux 67Ha, accompagnée d’un tract évoquant une affaire de cocaïne à Nosy-Be et Fort-Dauphin.
Le lendemain, vers 3 heures du matin, un autre cocktail Molotov a été déposé près de la Villa Pradon à Antanimena, également accompagné d’un tract. Puis le colonel Patrick Rakotomamonjy, directeur technique adjoint du Centre hospitalier universitaire de Soavinandriana (CENHOSOA), a été interpellé puis a réussi à s’évader et en cavale, depuis le mois d’avril.
Le Colonel est accusé par le ministère des Forces armées, de désertion et d’avoir tenu des allégations mensongères dans une vidéo où il dénonce des malversations au sein du ministère et du CENHOSOA, notamment des détournements de fonds de retraite militaire.
Ces accusations ont été fermement démenties par le ministère et la direction de l’hôpital, qui ont annoncé leur intention de porter plainte pour diffamation. Cette affaire a provoqué un remue-ménage au sein du ministère des Forces armées et du CENHOSOA.
Rakoto




