Monnaie, exportations et consommation locale: le triple levier de redressement, selon le Pr Fano Andriamahefazafy

La dépréciation de l’ariary résulte d’un déséquilibre persistant entre la demande et l’offre de devises étrangères, explique le Pr Fano Andriamahefazafy, Doyen de la Faculté d’Economie, de Gestion et de Sociologie (EGS) de l’Université d’Antananarivo. Face à la hausse des importations et à une offre insuffisante issue des exportations et du tourisme, il appelle à renforcer la production nationale et à la consommation locale, pour alléger la pression sur la monnaie.

Dans un système de change flottant, la valeur de la monnaie locale est dictée par les échanges sur le marché interbancaire des devises (MID). «Toute hausse des importations accroît la de­mande en devises étrangères, alors que seules les exportations de biens, services ou tourisme, alimentent l’offre», a-t-il expliqué. Et pour atténuer la pression sur l’ariary, le pays doit simultanément renforcer ses exportations et limiter ses importations.
Plutôt que de parler de restriction, le professeur prône une consommation locale plus affirmée : «A qualité et prix égaux, choisissons les produits malgaches, quelle que soit la nationalité de l’entreprise qui les fabrique», a-t-il insisté. Il estime que ce réflexe citoyen serait un levier puissant, pour freiner la demande de devises.

Valorisation de la production locale
Interrogé sur l’impact des surtaxes américaines, le doyen souligne que la compétitivité des exportations malgaches vers les Etats-Unis, est en jeu. «Une diversification des marchés est essentielle», a-t-il plaidé, citant la Chine et l’Europe comme pistes sérieuses, bien que complexes en raison des normes et négociations commerciales. Il a également appelé à une diplomatie économique plus active, afin de parvenir à des accords «donnant-donnant».
Enfin, sur les révisions à la baisse des prévisions de croissance, le professeur rappelle que ces estimations dépendent de modèles intégrant à la fois des paramètres concrets et des anticipations, notamment en lien avec les incertitudes climatiques ou géopolitiques. «A nous d’enrichir ces modèles avec une meilleure compréhension de notre contexte», conclut-il.
En un mot, le Pr Andria­mahefazafy appelle à un véritable sursaut national, pour améliorer la résilience économique de Madagascar, en valorisant la production locale et en élaborant une stratégie d’exportation plus offensive.

Arh.

Partager sur: