La police a cueilli, un à un depuis samedi, deux hommes et six femmes impliqués dans une affaire de trafic d’enfants vers le Gabon. Sauf changement de dernière minute, les concernés seront déférés au parquet du tribunal de première instance d’Anosy, ce jour, même si d’autres membres de la bande courent toujours et sont activement recherchés.
Le démantèlement de ce réseau a débuté le 12 juillet à l’aéroport international d’Ivato. La Police de l’air et des frontières (Paf) a procédé à une enquête de routine sur une passagère du vol d’Ethiopians Airlines ET884, âgée de 26 ans, qui allait rejoindre le Gabon avec une fillette âgée de 8 mois. La femme a d’abord indiqué que c’était son bébé, mais au fil de la discussion, les policiers ont constaté que la concernée divaguait.
Soumise au feu roulant des questions, elle a finalement vendu la mèche. Selon ses dires, le bébé ne lui appartenait pas et a été enlevé auprès d’un orphelinat de la capitale. La chérubine n’est pas originaire de la ville des Mille mais y a été accueillie et hébergée spécialement pour cette action lui permettant de toucher 3 millions d’ariary.
Vers une peine de travaux forcés
La poursuite des investigations a permis à la police de découvrir que ce réseau de trafic était bien rôdé, chaque membre ayant un rôle bien précis à jouer. Il y a un responsable au sein d’une commune rurale ayant livré une copie d’acte de naissance falsifiée. Il y a, bien sûr, cette fausse mère censée accompagner le bébé durant la sortie du territoire national, mais aussi ceux qui assurent son hébergement avant le départ. La vingtenaire étant déjà placée en garde à vue, les autres membres du réseau ont été cueillis successivement.
A noter que d’après l’article 1 de la Décision n° 05-HCC/D3 du 14 janvier 2015 de la HCC, « Toutes les dispositions de la loi n°2014-040 sur la lutte contre la traite des êtres humains, sont déclarées conformes à la Constitution. » Si l’on se fie à l’article 22 de cette loi promulguée le 20 janvier 2015, chaque membre de cette bande organisée encourt une peine de travaux forcés à temps, vu que l’infraction est commise dans le cadre d’une traite transnationale.
LR




