Comme chaque année, le mois de juillet marque un tournant dans la vie de milliers de jeunes. Le baccalauréat vient de commencer et c’est bien plus qu’un examen. Tandis que les familles croisent les doigts, les enseignants retiennent leur souffle. Et c’est bien. Mais la vraie question n’est pas de réussir le Bac, ce n’est qu’une étape mais plutôt l’après.
Car c’est là que les défis commencent vraiment. Chaque année, des dizaines de milliers de bacheliers arrivent sur le marché de la formation supérieure, dans un contexte où les capacités d’accueil des universités publiques sont, disons-le franchement, saturées. A Antananarivo comme à Fianarantsoa ou à Toamasina, les amphithéâtres débordent et l’encadrement pédagogique manque cruellement de moyens.
Ajoutons à cela une orientation encore trop rigide, avec peu de dispositifs d’accompagnement pour aider les nouveaux bacheliers à choisir un parcours en phase avec les besoins du pays. Résultat : des promotions entières de diplômés livrés à eux-mêmes, sans perspectives claires. Sans oublier les grèves intempestives, et l’université devient une salle d’attente, non une rampe de lancement.
Et la formation professionnelle dans tout ça ? Elle reste marginale, et souvent considérée comme une voie de garage pour ceux qui n’ont pas réussi. Pourtant, dans un pays où les besoins en techniciens, en métiers qualifiés, en compétences pratiques sont immenses, c’est peut-être là que réside une partie de la solution.
Cela étant, l’examen du baccalauréat ne devrait pas être une fin en soi. Il devrait être la première marche vers un futur réussi. Alors oui, encourageons nos candidats, félicitons-les quand ils réussiront, mais surtout, préparons-leur un avenir qui en vaut la peine. Car un pays qui célèbre ses bacheliers mais les laisse ensuite dans l’impasse est un pays qui se prive de son potentiel, et donc de sa jeunesse.
Rakoto




