Le Tsena Sabotsy d’Antsirabe qui faisait la fierté de la population de la ville d’Eaux est parti en flamme plongeant les marchands dans la consternation. Face à une telle situation, il y a de quoi devenir fou. En quelques tours d’horloge, leur vie a complètement basculé.
Les nombreuses images qu’on a eu de l’incendie a permis d’apprécier l’étendue du désastre. Il ne reste plus que des ruines calcinées du beau Tsena Sabotsy. Pour les commerçants qui y exerçaient leur activité et qui n’ont pu sauver leurs marchandises du feu, les pertes sont estimées à plusieurs milliards d’ariary.
Beaucoup de ces commerçants auront beaucoup de difficultés pour se relever. D’habitude, la nuit, c’est tout le stock qui est laissé dans le magasin sous la surveillance de quelques gardiens. Et quand un incendie de cette grandeur survient, c’est toute l’exploitation qui est mise en péril.
Face à une telle tragédie, on se demande tout de suite : Au moins, étaient-ils assurés ? Effectivement, l’existence d’une assurance, tout au moins contre les incendies, devrait permettre aux commerçants, en théorie, de limiter les pertes qui sont considérables et donc de rapidement mettre les pieds dans les étriers.
Seulement, souscrire une police d’assurance n’est pas encore entré dans les mœurs de la quasi-totalité des commerçants malgaches. C’est un fait indéniable. On peut être certain que bien peu en ont une. Les commerçants malgaches ont cette mauvaise habitude de considérer que tout va de soi.
L’éventualité d’un sinistre est rarement prise en considération. Il y a une part de la mentalité malgache qui pense qu’à force de prévenir un désastre, il surviendra assurément un jour ou l’autre. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas y penser et laisser faire, laisser aller.
Mais le vrai problème est qu’à Madagascar le prix à payer pour souscrire une assurance est relativement élevé. Et on préfère s’en abstenir. Mais quand on voit la hauteur du désastre, on se dit toujours qu’on aurait été bien inspiré de contracter une assurance. Mais trop tard.
Par ailleurs, le paiement de la prime d’assurance consécutivement à un sinistre pose parfois des problèmes. On ne sait pas si c’est l’assureur qui, volontairement, retarde le paiement. Mais toujours est-il que, bien souvent, cela demande de la patience. Or, les affaires n’attendent pas.
Il faut reconnaitre qu’il y a beaucoup trop de formalités, des démarches lourdes pour demander le paiement de la prime. On comprend par-là la réticence des commerçants à souscrire une police d’assurances. On espère qu’après cette tragédie, beaucoup de choses changeront.
Aimé Andrianina




