Pas un cas isolé

Tout dernièrement, la recrudescence du paludisme à Ikongo a défrayé la chronique. Le bilan était inquiétant : Plus d’une centaine de décès enregistré et aussi, plus d’une centaine de nouveaux cas détectés quotidiennement. Ce qui a entrainé le soutien d’urgence de l’Organi­sa­tion mondiale de la santé (OMS).
Pourtant, on sait trop bien que c’est une maladie endémique dans le pays. Il a fallu attendre que tous les clignotants soient au rouge pour qu’on se décide enfin à lutter énergiquement contre cette épidémie et donner une réponse plus appropriée à la crise sanitaire.
La question que tout le monde se pose est : Fallait-il attendre l’intervention musclée de l’OMS pour assurer une réponse rapide et efficace ? Attendre une quelconque forme d’aide in­ternationale pour enrayer n’importe quelle épidémie est devenue presque une nature.
L’Etat et les collectivités décentralisées ain­si que les principaux services locaux concernés auraient dû intervenir plus tôt afin d’éviter cette hécatombe. On peut accorder le bénéfice du doute aux services sanitaires de proximité dans la mesure où ils ne sont suffisamment armés pour faire face à une crise de cette ampleur.
Quoi qu’il en soit, ce drame doit servir de leçon pour les années à venir. Et pour cela, il faudra assurer les me­sures de prévention dans de nombreux domaines tel que l’assainissement, la gestion des eaux (refuges des moustiques) pour éliminer les moustiques, vecteurs de la malaria.
Autrement dit, il ne faut plus attendre que l’épidémie se manifeste pour intervenir. Dans ce cas, il faut agir plus en amont. Entre autres, renforcer et multiplier les campagnes d’aspersion d’insecticides. A ce sujet, la lutte contre les moustiques doit être menée tout comme celle contre les criquets.
On peut bien penser qu’on peut produire sur place ces produits insecticides de manière à les trouver plus facilement quand le besoin se fait sentir. Si ce n’est pas en­core le cas, il faudra que la mise en place d’une usine de production d’in­secticides de ce genre devienne une priorité.
Bien évidemment, avant toute chose, il faut penser à la santé à la population vivant dans les localités qui vont con­naître des opérations d’as­persion. Il faut être certain que ces insecticides ne lui seront pas nocifs même sous un signe d’effet secondaire.
Donner seulement des médicaments ne suffit plus. Il ne s’agit pas seulement de guérir mais surtout de prévenir qu’une telle épidémie ne revienne. Il faut aller plus loin, chercher tous les moyens pour enrayer ce fléau dans tout le pays. Effectivement, bien d’autres régions en souffrent. Ikongo n’est pas un cas isolé.

Aimé Andrianina

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