Avec la hausse de prix de la principale énergie domestique utilisé par la grande majorité des ménages, à savoir le charbon de bois, la vie des Malgaches devient de plus en plus difficile. Actuellement, le prix du sac oscille autour de 40 000 ariary, soit une hausse de 5 000 ariary par sac par rapport au précédent prix.
Pourtant, on ne se trouve pas encore dans la période où le prix du charbon de bois monte une certaine tendance à la hausse. Généralement, cette tendance se situe pendant la période des pluies. Et cela s’explique par deux raisons qui sont bien compréhensibles.
D’une part, avec les pluies fréquentes, il est difficile de bruler le bois pour en tirer du charbon de bois. L’humidité empêche le feu de tenir. C’est un véritable défi contre la nature. D’autre part, avec la pluie, les routes sont défoncées, notamment dans les localités d’approvisionnement qui sont toujours éloignées.
Dans ces conditions difficiles d’approvisionnement, la quantité transportée est réduite. La combinaison de ces deux facteurs (production et quantité transportée réduites) entraine inéluctablement une hausse des prix du charbon de bois dans les différents points de vente de la capitale.
Mais actuellement, on est en pleine saison sèche et il n’y a pas de pluie ou peu. Qu’est-ce qui explique alors cette hausse subite des prix ? Selon certains observateurs, on peut avancer deux explications. Tout d’abord, il y a l’administration forestière qui est devenue plus stricte.
En conséquence, les fabricants de charbon de bois faisant face à des restrictions plus rigoureuses abandonnent progressivement la filière de production de charbon de bois. Par ailleurs, les charbonniers, en majorité des ruraux sont actuellement occupés dans les travaux des champs et des rizières.
Le vrai problème est que les utilisateurs de charbon de bois n’ont pas d’autres alternatives. On peut dire que les autres énergies domestiques tel que le gaz, le pétrole, l’éthanol ne sont pas encore à la portée de la grande majorité des ménages malgaches vu leur prix.
Quant à l’énergie électrique, mieux vaut ne pas y penser avec, non seulement les délestages incessants, mais encore un coût très élevé. Avec les tarifs actuels de la Jirama,
utiliser exclusivement l’électricité pour la cuisson des aliments reviendrait trop cher. De plus, l’électricité n’est pas encore disponible partout.
Avec cette hausse des prix du charbon de bois, de nombreux ménages se trouvent dans l’expectative. Déjà, il est difficile de trouver quelque chose à mettre dans la marmite. Mais faire cuire ensuite le peu qu’on a trouvé est également un autre problème. C’est à broyer du noir.
Aimé Andrianina




