A l’occasion de la célébration de la Journée internationale des femmes africaines, tenue hier à Anosy, la députée de Farafangana, Raby SavatsarahAin’Harimanga Gabrielle, présidente du Caucus Genre – réseau des femmes parlementaires et membre du Forum parlementaire de la Sadc, a lancé un appel fort au président de la République Andry Rajoelina et à la première Dame Mialy Rajoelina, en faveur de la ratification de deux instruments juridiques.
Le premier instrument juridique, soulevé par la députée Raby Savatsarah Ain’Harimanga Gabrielle, est le Protocole de Maputo, visant à garantir les droits des femmes et des filles en Afrique que seule Madagascar, avec un autre pays membre de la Sadc, n’a pas encore ratifié. Le second porte sur la Convention africaine relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. Dans cette optique, la députée a également sollicité le soutien de la Première Dame, reconnue championne de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) par le Fonds des Nations unies pour la Population (FNUAP), afin d’accompagner ce plaidoyer.
L’objectif est d’accélérer l’émancipation des femmes et des jeunes filles. Elle a rappelé qu’il appartient avant tout à l’Etat et au gouvernement, de s’engager pleinement, pour éradiquer ces violences, en respectant leurs engagements internationaux et nationaux relatifs aux droits des femmes.
Un faible taux
de représentation
En sa qualité de présidente du Caucus Genre, Raby Savatsarah a aussi dressé un constat de la faible représentation des femmes dans les institutions législatives.
« A l’Assemblée nationale, les femmes ne représentent que 14% des députés, et au Sénat, seulement 3 sénatrices sur 18 membres. Pour les jeunes femmes de moins de 40 ans, ce taux chute à 1,2% au sein des parlements », a-t-elle indiqué, en soulignant que ces chiffres sont bien en deçà des standards internationaux, en matière de parité.
Le Caucus Genre concentre ses efforts sur trois axes prioritaires, notamment
l’élaboration et la réforme des lois à travers une approche intégrant la dimension genre, le plaidoyer en faveur d’une meilleure représentation politique des femmes, ainsi que l’intégration de l’égalité des genres dans les procédures et institutions parlementaires, sur la base de instruments internationaux suscités.
La députée a également évoqué que les jeunes femmes font face à de nombreux obstacles pour s’engager en politique. Elles ont besoin de formation, de ressources, de soutien financier. Elle a insisté sur la nécessité d’instaurer un environnement politique plus inclusif et sécurisant.
Réforme électorale favorable aux femmes
Lors de sa prise de parole, Raby Savatsarah a aussi profité de la présence du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), pour demander une révision des textes électoraux, en vue d’introduire davantage de mesures favorables à la participation des femmes et des jeunes, comme des quotas ou des sièges réservés, ainsi que des modes de scrutin moins discriminatoires.
Pour elle, il est urgent d’investir dans des stratégies ciblées visant à renforcer les compétences, la visibilité et l’influence politique des jeunes femmes. Elle a enfin mentionné que la réussite de cette lutte collective nécessite une répartition claire des rôles entre toutes les parties prenantes engagées en faveur des droits des femmes. Raby Savatsarah a appelé à une volonté politique forte de la part des dirigeants, à la création d’un cadre juridique et institutionnel solide porté par les parlementaires, ainsi qu’à des politiques et programmes interministériels intégrant la dimension genre.
« L’avenir des droits des femmes dépendra de notre capacité collective à garantir que toutes les femmes et les filles jouissent de leurs droits fondamentaux en digne, liberté et égalité. Au-delà de la célébration, cette journée est une invitation à réfléchir, faire le point sur l’effectivité de nos droits, et relever ensemble les défis pour que l’égalité femmes-hommes soit synonyme d’opportunités aujourd’hui et demain », a-t-elle conclu.
F.M




