Tout est bien qui finit bien

Le secteur de la restauration peut pousser un ouf de soulagement. Des signes de reprise sont constatés après la vague d’intoxications alimentaires. Ainsi certaines activités liées à ce secteur (restaurateurs, gar­gotiers, traiteurs événementiels, pâtissiers) constatent un retour progressif des consom­mateurs.
Les cas d’intoxication alimentaire n’ont pas seulement touché Antananarivo. Dans de nombreuses grandes villes de province, on en a également relevé des cas (Ambositra, Toamasina, Antsira­nana, Mahajanga). A priori, c’était l’huile alimentaire ainsi que certains types de charcuterie qui étaient mis en cause.
Cela a finalement créé une véritable psy­chose auprès des con­sommateurs qui s’est ressenti au niveau des principaux points de consommation. Bien évi­demment, comme il fallait s’y attendre, cela a entrainé des répercussions sur des activités connexes.
Ainsi, le problème d’huile alimentaire s’est fait ressentir jusqu’à la vente d’œufs. A titre d’exemple, il faut citer que la consommation de mets comprenant de la mayonnaise (à base d’huile et d’œuf) a été boudée par les clients. Cela a profondément affecté tous les sous-secteurs de la restauration.
Il en est de même certain que les producteurs d’œufs ont été parmi les activités les plus affectés dans cette affaire d’intoxication alimentaire. Pourtant, ils n’avaient rien à leur reprocher directement. Tout ce qu’on peut dire est qu’ils ont été en quelque sorte des victimes collatérales de ces intoxications.
Bien sûr, il y a encore quelques irréductibles qui sont loin d’être con­vaincus. Beaucoup de Malgaches s’en tiennent encore au principe selon lequel on n’a qu’une seule vie (« lahy tokana ny fiainana »). Et ils sont difficile à se laisser con­vaincre car ils sont toujours méfiants par rapport à ce qu’ils consomment.
Ce retour progressif de la consommation est une bonne chose quoiqu’on soit encore loin de retrouver le niveau d’avant la vague d’intoxications alimentaires. Mais il faut garder espoir que cette méfiance s’estompera au fil des jours. Manger est une nécessité pour vivre.
Ce problème est préoccupant dans la mesure où ce sont des milliers (sinon plus) de ménages qui vivent de ces activités de restauration même si pour certains, cela con­stitue une activité secon­daire mais qui apportent quand même des re­venus non négligeables.
Par ailleurs, il faut savoir que l’argent qui circule quotidiennement dans ce milieu (qui fon­ctionne globalement en dehors du secteur formel), bien qu’il soit difficilement quantifiable, est certainement colossal. Ainsi, on peut con­clure que tout est bien qui finit bien.

Aimé Andrianina

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