Voilà au moins un classement où le pays se trouve en bonne place. En effet, Madagascar vient d’etre classé sixième pays le plus paisible d’Afrique selon le Global Peace Index 2025. Ça sonne bien, non ? A priori, ça sonne bien. Mais avant de sortir les confettis, penchons-nous un peu plus sérieusement sur ce que cela signifie vraiment.
Car derrière cette position flatteuse sur le continent, il y a un bémol, c’est que la Grande ile chute de 15 places au classement mondial, passant de la 44ème à la 59ème position. Oui, Madagascar reste dans la catégorie des pays à haut niveau de paix, mais cette position nous rappelle que rien n’est jamais acquis. Pas de conflits armés, contrairement à d’autres, et c’est bien. Moins d’instabilité politique aussi que dans certaines zones du continent. Mais ici la paix, ce n’est pas seulement l’absence de guerre. C’est aussi une justice équitable et une confiance dans les autorités. Et sur ces points-là, le signal est clair, le pays continue de régresser.
Le deuxième classement c’est le Chandler Good Governance Index 2025 qui mesure la qualité de la gouvernance dans 120 pays. Et là, on descend dans les profondeurs du classement, de 106ème sur 120, avec un score de 0,346. Il faut bien le dire, sur ce point là, on ne joue pas dans la cour des champions. Car dans les domaines évalués, notamment la gouvernance publique, les services essentiels, la lutte contre la corruption, nous en sommes encore loin des normes
Faut-il pour autant céder au fatalisme ? Certainement pas. Car, et c’est important de le souligner, tout n’est pas sombre d’autant que le rapport met aussi en avant des signes encourageants avec une certaine capacité d’adaptation, des efforts en matière d’égalité des genres, et une efficacité relative des dépenses publiques malgré les faibles moyens. Ce n’est pas encore grand-chose mais c’est un début, un levier sur lequel s’appuyer.
Alors, que peut-on tirer comme leçon de ces deux classements ? C’est que la paix seule ne suffit pas. Elle est essentielle mais elle doit s’accompagner d’une bonne gouvernance pour être durable. Un pays peut être calme en apparence, mais s’il est miné par la corruption, la pauvreté ou encore l’inefficacité administrative, il reste fragile. Il suffit d’une crise, que ce soit sociale ou politique pour tout faire vaciller.
Ensuite, que les classements ne sont pas
des jugements définitifs, mais des outils. Libre à tous les responsables concernés de les prendre en compte ou de passer à autre chose. Mais il serait toutefois dommage de ne pas s’en servir comme point de départ d’une vraie reflexion.
Et donc, deux indices et deux messages mais une seule leçon : c’est que la paix est un socle et que la gouvernance une boussole. À chacun de penser à un avenir qui conjugue les deux.
Rakoto




