La SMATP en faillite: l’Etat élabore un plan de redressement

La Société Sino-Malgache des Travaux Publics (SMATP) est en faillite, selon le bilan dressé par le ministère de l’Économie et des Finances, qui dénonce une mauvaise gestion depuis plusieurs années.

La SMATP, dont le ca­pital est détenu à plus de 30 % par l’Etat mal­gache, se retrouve aujourd’ hui dans une impasse. De ce fait, le gouvernement malgache a décidé de reprendre le contrôle de la société, dans le cadre d’une réforme stratégique validée en Conseil des ministres. Hier, les autorités concernées se sont réunies pour discuter d’un éventuel redressement de la so­ciété.
«La SMATP doit être relancée, et il n’est plus souhaitable que la direction générale soit assurée par la CRB C», a affirmé Rindra Hasimbelo Rabarinirina­rison, ministre de l’Econo­mie et des Finances, soulignant que cette réforme est une décision souveraine de l’Etat malgache. L’objectif est de mettre fin à un système déséquilibré qui affaiblit la capacité de l’Etat à défendre ses intérêts dans un secteur hautement stratégique
Le plan de redressement validé repose sur plusieurs leviers : réforme de la gouvernance, amélioration des procédures internes, élimination des inefficacités et relance technique et financière de la société. Il implique une coordination étroite entre les ministères de l’Economie, des travaux publics et des Affaires étrangères, ainsi que le conseil d’administration de la SMATP, présidé par le gouverneur de la région Analamanga.
Cette entreprise, autrefois pilier des grands chan­tiers d’infrastructure, illustre les dérives de certaines entreprises publi­ques : mau­vaise gouvernance, inefficacité, absence de résultats. Une situation que le ministère ne cache plus et qualifie de “perte sèche”.
Partenariat avec la Chine

Parmi les solutions en­visagées également, solliciter le soutien technique de la Chine, un partenaire historique de la SMATP. D’ail­leurs, Pékin aurait ma­nifesté sa volonté d’accompagner Madagascar, no­tam­ment à travers la fourniture d’équipements.
Cette contribution chinoise pourrait donner un nouveau souffle à la SMATP, dont les activités sont à l’arrêt. Le sort de la SMATP rappelle celui de la Jirama, autre entreprise publique en grande difficulté. Ces deux cas soulignent les défis auxquels le gouvernement doit faire face pour redorer le blason du secteur public.
Créée en 1986 sous la forme d’un partenariat avec China road and bridge corporation (CRBC), la société a été jusqu’ici dirigée exclusivement par cette dernière, principal actionnaire et en même temps concurrent sur les marchés publics. Cette situation est désormais jugée inacceptable par les autorités.

Arh/ S.A

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