Madagascar ambitionne de percer sur le marché de la zone de libre échange de la Sadc (Southern African Development Community) et stimuler les échanges intra-africains. Et le commerce des services étant un moteur de croissance, reste encore un vaste domaine à exploiter. A ce sujet, les hauts fonctionnaires et experts régionaux ont évalué le potentiel d’exportations de services des pays membres de la Sadc dont Madagascar hier, à la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo (CCIA) à Antaninarenina
Tout le monde est unanime sur le fait que le commerce des services occupe une place stratégique dans les échanges régionaux de la Sadc, en complément avec celui de biens. Selon les chiffres, le commerce des services représente environ 50% du PIB cumulé des pays membres de la Sadc et couvre des secteurs variés tels que les télécommunications, les services financiers, le transport, le tourisme, l’éducation, la santé et les services professionnels.
« Nombreux sont ceux qui œuvrent dans ces domaines à Madagascar, il est essentiel de voir ce qui se passe ailleurs, à titre de comparaison, afin d’évaluer notre compétitivité et l’améliorer si possible » a déclaré David Ralambofiringa, ministre de l’Industrialisation et du commerce.
Et d’ajouter que le commerce des services et des biens, est complémentaire. « Néanmoins, nous devons redoubler d’efforts, pour répondre aux besoins multiples des différents membres. Et Madagascar veut se faite une place sur ce marché » a-t-il indiqué.
« Certes, les besoins des pays de la Sadc sont multiples, mais nous devons nous préparer à renforcer les compétences des acteurs pour qu’ils puissent répondre aux besoins et à la demande du marché », a fait savoir Gil Razafintsalama, président de la CCIA.
Marché sous-exploité
L’accès préférentiel au marché régional, via le protocole commercial de la Sadc, est un atout pour la Grande Ile, bien qu’il reste sous-exploité. En 2023, les exportations malgaches vers les pays membres ont atteint environ 160 millions de dollars, contre plus de 500 millions de dollars d’importations, synonyme d’un déficit commercial de 340 millions de dollars. C’est-à-dire que les importations ont considérablement augmenté que les exportations.
Lancée en 2018, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), vise à créer un marché unique pour les biens, services et investissements, permettant aux pays africains de dynamiser leurs échanges intracontinentaux
Dans cette optique, Madagascar entend profiter de l’opportunité offerte par ce commerce des services pour rétablir sa balance commerciale. D’autant que la Sadc a adopté en 2012, le Protocole sur le commerce des services visant à libéraliser progressivement sept secteurs prioritaires à savoir les finances, la communication, le transport, l’énergie, le tourisme, l’éducation et les services de construction.
Pour sa part, le président du Business Council, Gervais Atta a souligné que la Sadc comptant environ 370 millions d’habitants et affichant un PIB cumulé de plus de 700 milliards de dollars en 2024, ne présente que des avantages pour Madagascar. « Il faut qu’on arrive à une certaine complémentarité pour que tout le monde puisse tirer profit de cet espace qui est vraiment fort » a-t-il conclu.
Jean Riana




