Hippodrome de Bevalala : la saison hippique 2025 est menacée

Alors que l’hippodrome de Mahazina s’apprête à clôturer en beauté sa saison, avec l’entrée en lice des jeunes chevaux de 2 ans, 10 août, l’incertitude plane sur la tenue de nombreuses courses déjà au programme à Bevalala.

Depuis le début du mois de juillet à l’hippodrome de Bevalala, les entraîneurs, jockeys et autres usagers du site, sont dans l’expectative. Des tôles métalliques ont été installées en plein milieu de la piste, notamment au niveau des départs des 1.200 et 1.700 mètres, empêchant les chevaux de s’entraîner alors que le début de la saison approche à grand pas.
Cette situation jugée inadmissible, entrave sérieusement toutes les activités quotidiennes sur le site et compromet la saison hippique prévue démarrer en septembre et par ricochet, la préparation des chevaux en pleine saison. Et cela ne risque pas de s’arranger car sur place, des ouvriers sont en train de démanteler les structures délimitant les pistes de course.
Contactée par Les Nou­velles, l’Autorité hippique pour les courses et l’élevage à Madagascar (Ahcel), en charge de l’organisation des réunions hippiques depuis 1998 à l’hippodrome de Bavalala, a fait savoir que cette situation résulte d’un litige foncier, à la suite d’un acte de donation annulé par le tribunal, au cœur d’une longue bataille juridique.
Au-delà des enjeux juridiques, des enjeux humains, l’inquiétude se fait sentir.
«L’hippodrome fait vivre plusieurs familles, directement ou indirectement», témoigne un gargotier ins­tallé à proximité. Même son de cloche chez un tireur de pousse-pousse, «Ici, à Am­bohimanala, Ankady ou An­doharanofotsy, les courses de chevaux sont la seule distraction pour les habitants».
Et nombreux dénoncent une tentative de transformer ce lieu emblématique en lotissement résidentiel de standing, alimentant un sentiment d’injustice et d’exclusion. «Encore une fois, les pauvres seront sacrifiés pour enrichir les riches», déplore un usager régulier du site.
Berceau des courses à Antananarivo et forte de 120 ans d’histoire, l’hippodrome de Bevalala est menacé de disparition au grand dam des jockey, des passionnés et des férus de la course hippique, privés d’une passion transmise de génération en génération. Une discipline centenaire risque aujourd’hui de disparaître.
La justice tranchera, mais en attendant, le public d’Ambatolampy mérite de savourer le spectacle tant attendu des jeunes chevaux, à l’affiche ce dimanche.

Recueillis par RA

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