Aux grands maux, les grands remèdes

Depuis des décennies, Madagascar a tou­jours été exposé à des incendies de toutes sortes qui se manifestent soit dans les villes, dans la brousse ou les zones forestières. Qu’ils soient volontaires ou non, ces incendies en­trainent des pertes con­sidérables pour le pays dans de nombreux do­maines.
Effectivement, les pertes qu’ils engendrent sont incalculables tant sur le plan de l’environnement que sur le plan économique. Il faut savoir qu’entre 2000 et 2019, la déforestation a atteint 2 600 000 ha qui représentent une perte de l’ordre de 25% de la surface forestière ini­tiale. Ces incendies sont un véritable fléau pour le pays.
Heureusement que dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt, notamment dans les aires protégées, le pouvoir en place vient de prendre une importante décision qui apportera un nouveau souffle dans cette lutte. Il s’agit, ni plus ni moins, de l’utilisation d’un avion bombardier d’eau appelé « Dash 8 ».
Un tel bombardier permettra d’intervenir d’une manière plus rapide et surtout plus précise. Les foyers de feu pourront être ciblés selon leurs importance et gravité. Et il sera d’une très grande aide à tous ceux qui sont chargés de lutter con­tre ces types de feux et qui ne disposent que de moyens limités pour ce faire.
Seulement, on ne peut pas manquer de se poser la question : Pourquoi attendre au mois d’octobre pour que la livraison de cet avion bombardier d’eau ne s’effectue ? N’est-il pas encore disponible ? Il se pourrait qu’il soit encore utilisé par d’autres pays en proie à des feux autres que Mada­gas­car.
Cette question se justifie dans la mesure où, depuis quelques années, la saison des incendies débute plus précocement et non plus aux mois d’octobre ou no­vembre comme précédemment. On assiste déjà à la manifestation de quelques foyers de feu. Il y a donc urgence.
Dans ce contexte, les deux mois à venir se­ront cruciaux dans la mesure où on se trouve encore en pleine période sèche. Et dans ce cas, il y a peu d’espoir qu’il y ait de la pluie qui puisse éventuellement éteindre les feux naturel­lement. Autre­ment dit, il faudra se débrouil­ler avec les moyens du bord.
Quoi qu’il en soit, quand il arrivera, cet avion bombardier d’eau résultant d’une coopération avec l’ambassade de France à Madagascar ainsi que les drones remises par l’ambassade de Chine pour détecter précocement les incendies permettront de lutter plus efficacement contre les feux de brousse et de forêt.
Cette forme de coo­pération multinationale témoigne de l’importance de la lutte contre les feux de toutes sortes que l’on peut qualifier de véritable fléau. Et dans ces conditions, il est bien normal qu’aux grands maux, on utilise les grands remèdes.

Aimé Andrianina

Partager sur: