Tout le monde y gagnera

Depuis tout le temps qu’on en parle, il faut malheureusement constater que l’industrialisation de l’Afrique avance peu ou prou. Bien souvent, à rares exceptions, on ne trouve seulement que de petites unités de transformation qui sont loin d’être capables de satisfaire les besoins locaux.
Et même s’il en existe, les produits fabriqués ailleurs sont mieux prisés par les consommateurs locaux comparés aux produits fabriqués sur place, même si ces derniers présentent une qualité au moins équivalente et sont de loin moins chers. Cela concerne de nombreux produits tels que le savon, … .
C’est dans ce contexte que lors du forum de la Semaine de l’industrialisation de la SADC, Tiana Rasamimanana, président du Syndicat des industries de Ma­dagascar (SIM) a souligné que les habitudes de consommation influencent l’économie africaine.
Pour lui, il est crucial de valoriser les produits locaux en favorisant ceux transformés sur le continent. Il est vrai que l’Afrique importe souvent des produits fabriqués ailleurs, alors que certaines ressources locales sont exportées à l’état brut pour être transformées à l’étranger puis réimportées plus chères.
Il va de soi que c’est le pays où ces produits ont été fabriqués qui bénéficie de la valeur ajoutée créée et cela au détriment du pays d’où ont été importées les matières premières. Le président du SIM a ajouté qu’il faut prendre conscience de ce cercle et réduire la dépendance aux importations
Force est de reconnaître que cela ne se fera pas facilement. Il ne faut pas ignorer qu’il est dans l’intérêt des pays avancés qui produisent la quasi-totalité des produits manufacturés qui se vendent à travers le monde que l’Afri­que reste au stade de simple consommateurs de produits importés.
Effectivement, l’Afri­que représente un im­men­se vivier de consommateurs aux potentiels énormes. Si les pays africains produisaient eux-mêmes tout ce dont ils ont besoins, où ces pays développés écouleraient ils leurs productions ? Il ne s’agit pas seulement de l’agriculture ni de l’agro-industrie.
Même le secteur des mines est concerné (chrome, ilménite… ). Même le fer de Soalala a été con­cerné par un projet de ce genre qui a été initié par le Consortium chinois Wuhan Iron and Steel Corporation (Wisco). Au­jourd’hui, on ne sait pas où en est le projet.
Ainsi, au lieu d’exporter les minerais, on de­vrait chercher des partenaires qui accepteront d’effectuer la transformation sur place. Pour cela, on peut commencer par se doter d’unités industrielles de taille moyenne qui pourront, tout au moins, satisfaire la de­mande nationale.
Qu’est-ce qui empêche Madagascar de se doter d’une petite unité de mé­tallurgie pour produire sur place le métal dont les industries locales ont be­soin tel que le fer rond … ? On pourrait commencer par toute la ferraille qui est collectée sur place au lieu de l’exporter.
D’autant plus que de nombreuses unités sidérurgiques et métallurgiques à l’étranger ont été fermées. Et il en existe beaucoup. Démanteler une telle unité et l’installer dans le pays est possible. Tout compte fait, il s’agirait là en quelque sorte d’une simple délocalisation. Et tout le mon­de y gagnera.

Aimé Andrianina

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