Les échanges commerciaux entre Madagascar et la Colombie sont évalués à 300.000 dollars par an, axés d’un côté sur les épices malgaches et de l’autre sur les bonbons, confiseries et produits pharmaceutiques colombiens.
«D’après ces chiffres, il existe un potentiel immense à développer», a lancé le vice-ministre colombien du Commerce extérieur, Luis Felipe Quintero, en marge de la visite officielle de la vice-présidente colombienne, Francia Elena Márquez Mina, à Madagascar, pour assister au premier « Business Forum Colombie-Madagascar », hier à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Antananarivo (CCIA). Il a évoqué la nécessité de consolider la coopération touristique et d’améliorer la connectivité aérienne entre les deux continents.
Organisé par l’Economic development board of Madagascar (EDBM), cet événement a réuni opérateurs privés, responsables politiques et institutions des deux pays, avec des rencontres B to B en appui. L’objectif est de poser les bases d’une coopération économique et commerciale durable entre Bogotá et Antananarivo.
Le vice-ministre colombien, Luis Felipe Quintero, a rappelé la stratégie 2020-2026 de son pays, pour approfondir ses relations avec l’Afrique. Selon lui, «L’Union africaine représente déjà la 25e destination des exportations colombiennes, pour un total de 500 millions de dollars par an, avec des partenaires comme l’Egypte, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud».
La Colombie exporte notamment du bétail, du café, de la confiserie, de l’huile de palme et des machettes. Ses importations en provenance d’Afrique atteignent «278 millions de dollars», principalement en pétrole, produits sidérurgiques et graisses de poisson.
Les atouts de la Grande Île
De son côté, la ministre malgache du Tourisme et de l’Artisanat, Viviane Dewa, a mis en exergue les atouts de Madagascar, à savoir «les ressources naturelles, une main- d’œuvre jeune et talentueuse et la position stratégique de Madagascar dans l’océan Indien».
Elle a présenté le tourisme et l’artisanat comme «secteurs éventuels de coopération, générateurs de revenus et porteurs de l’image de Madagascar», , sans oublier d’envisager une mission économique malgache en Colombie pour poursuivre l’élan de ce premier forum.
Reconnexion Sud-Sud
La vice-présidente colombienne Francia Márquez Mina a, pour sa part, replacé cette rencontre dans une perspective historique. Rappelant les «routes douloureuses» de l’esclavage qui avaient initialement lié l’Afrique et les Amériques, elle a appelé à une nouvelle «reconnexion Sud-Sud» fondée sur l’égalité et la justice économique. «Ce projet n’est pas seulement une question de chiffres. C’est une reconnexion des peuples», a-t-elle affirmé.
«La délégation colombienne, composée d’entreprises de l’agro-industrie, du textile, de la confiserie et des services, a identifié des opportunités variées à Madagascar, à citer les céréales, huile de palme, machines agricoles, mais aussi tourisme durable et innovation éducative», a soulevé Isidore Razanakoto, directeur général du Commerce extérieur au sein du ministère de l’Industrialisation et du Commerce (MIC).
Des discussions ont également porté sur des accords bilatéraux en matière de transport aérien, de visas, d’éducation et de culture. Les deux pays entendent transformer ce potentiel en projets concrets, avec en ligne de mire la création d’emplois, la diversification des échanges et le renforcement de la justice sociale.
Arh.




