Iles Eparses: la revendication malgache portée à l’ONU

La 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies inscrit officiellement à son ordre du jour la question des îles Eparses, relançant un différend de souveraineté entre Madagascar et la France.

La souveraineté des îles Eparses revient sur la scène internationale à l’occasion de l’ouverture de la 80ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, hier à New York. La question figure comme 60ᵉ point de l’ordre du jour, sous le thème du « Maintien de la paix et de la sécurité internationales ».
Cette inscription, confirmée par la résolution 79/505 A du 11 juillet 2025, marque un tournant politique pour Madagascar. La Grande île considère Nosy Sambatra, Nosy Nandalova, Nosy Ampela et Nosy Bedimaky comme faisant partie intégrante de son territoire national, alors que la France continue d’en assurer l’administration.
Madagascar maintient sa revendication de restitution totale, considérant ces territoires à la fois comme un enjeu de souveraineté et une zone stratégique sur le plan maritime et énergétique. La France, quant à elle, persiste dans son refus de céder ces îles, tout en évoquant ponctuellement la possibilité d’une cogestion, jamais officialisée. Le président français Emmanuel Macron avait rappelé en avril dernier que la souveraineté française sur ces îles n’était « pas négociable ».
Des discussions bilatérales menées en juin à Paris avaient toutefois montré une volonté de dialogue, matérialisée par un communiqué conjoint proposant une feuille de route incluant un mécanisme de concertation et des réunions régulières. Néanmoins, cette ouverture reste limitée face au maintien du statu quo.
Madagascar avait déjà porté cette question devant l’ONU en 1979, marquant le début d’une revendication diplomatique qui n’a jamais été abandonnée.
Au-delà du duel bilatéral, les enjeux sont régionaux et stratégiques. Les îles Eparses occupent une position clé dans l’océan Indien, avec des routes maritimes vitales et des zones potentiellement riches en ressources naturelles.
Ce retour devant l’ONU constitue pour Madagascar l’occasion d’internationaliser davantage ce dossier et de mobiliser le soutien de la communauté internationale. La bataille diplomatique qui s’ouvre à New York pourrait influencer les relations entre Madagascar et la France et constitue un test de la capacité de l’ONU à gérer pacifiquement les différends hérités du passé colonial.

S.A

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