Agoa: Madagascar espère obtenir une prolongation temporaire

Alors que ce régime préférentiel d’accès au marché américain arrive à expiration le 30 septembre, le secteur privé malgache garde l’espoir d’un dénouement favorable après son intense campagne de plaidoyer à Washington pour la reconduction de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa).

Les opérateurs économiques et les autorités nationales ont uni leurs forces pour défendre les intérêts du pays. Une délégation malgache, composée de représentants du gouvernement et du secteur privé, a ré­cemment rencontré les responsables américains. Les discussions jugées constructives mais complexes, n’ont toutefois pas abouti à un accord formel sur la reconduction de l’Agoa.
«Nous avons été bien reçus, mais aucune garantie n’a été donnée», souligne Charles Giblain, du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP).
Face à l’incertitude qui plane sur le renouvellement à long terme, les opérateurs espèrent au moins obtenir une prolongation temporaire. «Cela nous permettrait de gagner du temps pour clarifier l’avenir», explique Kersley Ramdos, dirigeant de la so­ciété Mazava.
Au-delà de la défense des intérêts propres de Mada­gas­car, la mission a permis de rallier d’autres pays africains comme l’île Maurice, le Lesotho, la Tanzanie et le Kenya autour d’un message commun. Cette stratégie collective a donné davantage de poids à la voix de l’Afri­que. «Nous avons fait entendre notre position, et nous espérons que cela sera pris en compte», poursuit Kersley Ramdos.

La balle est dans le camp de Washington

La délégation a également mis en avant des secteurs d’envergure pour les deux parties. Pour Mada­gas­­car, la filière textile reste le principal bénéficiaire de l’Agoa. Mais d’autres produits comme la vanille, ont été mis en avant. «L’Agoa n’est pas seulement bénéfique aux pays africains, il profite aussi à l’économie américaine», rappelle Georges Geeraerts, président du Groupement des exportateurs de vanille (GEVM).
Les ressources minières, notamment les minerais critiques, ont aussi été présentées comme des opportunités de coopération bilatérale, selon le ministre des Mines, Olivier Rakotomalala.
Si les autorités américaines saluent l’engagement malgache, la décision finale appartient au Congrès et à l’administration. En attendant, les opérateurs insistent sur l’importance de cet accord pour la stabilité sociale et la création d’emplois. «L’Agoa est un levier essentiel pour la croissance et le développement durable du pays», conclut Kersley Ramdos.

Arh.

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