Il y a des records auxquelles on aimerait bien se passer. C’est le cas aujourd’hui de la ville de Mahajanga. Effectivement, actuellement, la Ville des fleurs détient le triste record de compter le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH/Sida à Madagascar. De nouveaux cas se manifestent hebdomadairement.
Il va sans dire que cette situation ne peut être prise à la légère du fait que Mahajanga est l’une des destinations privilégiées des vacanciers. Les nombreux contacts humains pouvant s’y créer facilitent la propagation du virus. C’est aussi un port ouvert pour le transport maritime avec les îles voisines.
Cette recrudescence alarmante des cas de Sida entraine évidemment une situation préoccupante dans la mesure où c’est un virus mortel qui peut être évité. Seulement, rares sont les personnes qui le contractent et qui osent le dire car dans la société malgache, il est considéré comme une « maladie honteuse ».
C’est ainsi que les personnes vivant avec le VIH, dans la plupart des cas, souffrent d’une stigmatisation ou d’une discrimination. Cela se constate aussi bien au sein de la société qu’au niveau même de la famille. Cela résulte du fait qu’il manque encore d’information sur la maladie.
Pourtant, on peut être affecté du Sida sans avoir eu un contact direct avec une personne qui est porteur du virus. D’aucuns ignorent que, pour différentes raisons, l’utilisation d’un matériel d’injection infecté peut transmettre le virus. D’autant plus que l’infection peut attendre des années pour se manifester.
Et cette situation ne fait que renforcer le silence des personnes portant le VIH, par crainte d’être mises à l’écart. Or, ce comportement va renforcer la propagation du virus dans la communauté tant que tout le monde ignore son existence. Quand on le saura, il sera trop tard.
Même sa détection précoce est rendue difficile du fait que les gens se font difficilement dépister. Pour quelles raisons ? Tout d’abord, vis-à-vis de la société, il est difficile de déclarer : « J’ai le VIH/Sida ». Par ailleurs, il se peut également qu’on ait peur de connaître la vérité.
Dans tous les cas, se comporter de cette façon met en danger beaucoup de personnes. Dans cette idée, les travailleuses ou les travailleurs du sexe sont les premiers concernés. Les autorités de la santé, locales ou nationales, ont beaucoup de travail à faire à ce sujet.
Il ne s’agit pas seulement de protéger son entourage proche mais également toute la société. Effectivement, on ne sait pas jusqu’où ira la propagation. Et pour le moment, l’éradication totale du virus est impossible. Pour cette raison, il est important de briser le silence.
Ranaivo Lala Honoré




