Des laissés pour compte

Du nouveau au ni­veau du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Mesup­res) : C’est la création de la « Commission na­tionale d’habilitation » (CNH). Désormais, c’est la seule instance apte à autoriser l’ouverture de nouveaux établissements d’enseignement supérieur.
On espère que cela contribuera à améliorer la qualité des formations proposées aux étudiants, notamment dans les établissements privés, de manière à être conforme aux exigences des autorités académiques et pouvoir répondre aux besoins en matière de compétences sur le marché du travail.
La création d’un établissement d’enseig­nement supérieur est devenu un véritable business depuis que les universités publiques n’arrivent plus à résorber les flux de nouveaux bacheliers qui deviennent de plus en plus nombreux chaque année. Ces établissements privés restent la seule solution.
On peut espérer que l’octroi d’une habilitation se fera en toute transparence et suivant les règles de l’art. Quand on constate que les universités privées poussent comme des cham­pignons, on ne manque pas de se demander si les démarches requises pour leur ouverture ont été respectées.
On peut facilement comprendre que, dans certains cas, ces nouveaux établissements privés ont servi de placement de capitaux dont on ignore les origines. Tout le monde s’y est mis. Et finalement, ce sont les étudiants qui y sont inscrits sont devenus le dindon de la farce.
Effectivement, si en théorie, l’objectif de ces établissement d’enseignement supérieur est de dispenser une formation conforme aux exigences académiques, il faut reconnaître qu’il arrive que cet objectif ne soit pas atteint. Après des années d’études, au minimum, on constate qu’ils n’ont rien appris.
La mise en place de cette nouvelle forme d’habilitation est la bienvenue. Pour certaines personnes, c’est une filière qui marche bien et qui rapporte beaucoup avec des frais de scolarité exigés qui, des fois, dépassent l’entendement. Et le prix à payer est sans aucun rapport avec la qualité de l’enseignement qui y est dispensé.
Pourtant, l’existence d’établissements d’enseignement supérieur de très haute qualité est un véritable honneur pour un pays. Entre autres, les universités de Cam­bridge, d’Oxford, d’Har­vard… sont connues partout dans le monde et toutes les meilleures têtes pensantes veulent y passer.
Toutefois, qu’en est-il de l’enseignement secon­daire et de l’enseignement primaire ? Cette démarche aurait dû y être en­gagée en même temps. Quand on voit le niveau actuel de l’enseignement dispensé à ces niveaux, on peut se dire que ce sont des laissés pour compte.

Ranaivo Lala Honoré

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