Détournement au CHRD Itaosy : un couple et une auditrice en détention préventive

Le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) a récemment ouvert une enquête concernant un détournement de fonds publics d’un montant total de 183.092.109,71 ariary au Centre hospitalier de référence de district (CHRD) d’Itaosy.

A l’issue de l’enquête, trois personnes, à savoir un couple en charge de la gestion de l’unité de pharmacie, et une auditrice impliquée dans des actes de corruption, ont été placées en détention préventive à la Maison centrale d’Antanimora. Trois autres auditeurs font l’objet d’un contrôle judiciaire.
Les six personnes mises en cause sont poursuivies pour détournement de fonds publics, faux en écritures privées, commerce et usage frau­duleux, abus de fonction, corruption active et passive, ainsi que blanchiment de ca­pitaux. A souligner que cette affaire a été révélée au grand jour, après que le ministère de la Santé ait décelé des irrégularités financières lors d’audits réalisés en 2024 par la Direction régionale de la santé publique (DRSP) Ana­la­manga et la Cellule d’audit interne (CAI), et n’a pas atten­du pour aviser le Bianco. Ce dernier, dans ses investigations, a découvert que les recettes issues de la vente de médicaments n’ont pas été versées sur le compte officiel du CHRD, mais détournées sur les comptes personnels mobile money du couple gestionnaire, représentant de l’association Misandratra Hasina, prestataire responsable de la gestion de l’unité pharmacie depuis deux ans. Afin de dissimuler ces irrégularités, les mis en cause ont falsifié des documents bancaires, fabriqué un faux prétexte de vol non démontré, et corrompu la première équipe d’audit.
D’après l’article 44 de la loi n° 2016 – 020 relative à la lutte contre la corruption, le Bianco a pour mission de saisir le ministère public à l’issue de ses enquêtes préliminaires lorsqu’il constate des faits susceptibles de constituer des infractions de corruption ou assimilées. C’est pourquoi cette affaire a été déférée par le Bianco au Pôle anti-corruption (Pac), qui a ordonné la détention provisoire des trois principaux suspects.

F.M

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