Vivre et travailler en paix

Ces derniers temps, les cas de kidnapping sont devenus moins fréquents. Cela ne veut pas dire qu’ils ont totalement disparu. Ils existent toujours, mais de­viennent de plus en plus rares. Il ne s’agit de faire une apologie du kidnapping, mais plutôt, de constater leur évolution.
Généralement, vivre dans la campagne, c’est-à-dire en milieu rural, offre de nombreuses qualités malgré quel­ques inconvénients. On y est sensé profiter du calme, de la sérénité, de la paix, … . Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Non seulement, l’insécurité y est présente mais elle tend à gagner du terrain.
Il ne faut pas croire que le vol de bétail qui fait la triste renommée des dahalo est le seul danger en milieu rural. Aujourd’hui, le kidnapping y est devenu à la mode. Et ces dernières années, ce sont les kidnappings en milieu rural qui ont surtout défrayé la chronique.
L’un des plus célèbres s’est déroulé à Ankazobe. Tout le monde s’en souvient dans la mesure où les ravisseurs n’ont pas hésité de tuer de sang-froid une de leurs victimes faute de paiement de la rançon demandée. Il s’en est suivi un important déploiement des forces de défense et de sécurité.
Auparavant, le kidnapping ne se déroulait qu’en milieu urbain. Au début, il visait surtout les hommes d’affaires karana. Et c’est pour cela que l’on pensait que les kidnappings, à cette époque-là, étaient destinés à ca­cher des règlements de compte entre les mem­bres d’une même communauté.
Plus tard, la cible des kidnappings s’est tournée vers les hommes d’affaires ou l’un des membres de leur famille respective. Il n’y avait plus de distinction de nationalité. Toute personne fortunée jouissant d’une certaine réputation constituait une cible potentielle.
Depuis quelques temps, les choses semblent avoir changé. On entend rarement parler de kidnapping dans les villes. C’est en milieu rural que les cas de kidnapping se sont révélés les plus fréquents. Et cela crée une véritable psy­chose auprès des ruraux.
Pour cette raison, toute personne détenteur d’un certain patrimoine, sous quelle forme que ce soit (tête de bétail important, héritage, vente de produits…), peut devenir une cible. Et le fait que l’existence de ce patrimoine soit connue par un grand nombre de personnes, plus le danger est grand.
On peut croire que ce transfert des actes de kidnapping des grandes villes vers la campagne s’explique par l’insuffisance manifeste des re­présentants des forces de l’ordre dans ce milieu. Les auteurs de ces kidnappings étaient assurés qu’ils pouvaient exécuter leurs actes malfaisants en toute tranquillité.
Pour cette raison, il importe de renforcer la présence des forces ar­mées dans ces localités par n’importe quels moyens. Cette insécurité permanente explique en partie le fort exode rural que l’on constate depuis des années. Il faut agir de manière à ce que les ruraux puissent vivre et travailler en paix.

Ranaivo Lala Honoré

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