La Coalition des organisations des jeunes malgaches (COJM) a présenté une proposition d’accord de convention pour sortir le pays de la crise actuelle. Élaboré par des jeunes issus des six provinces, le document sera diffusé dans tous les districts de Madagascar, selon Branco Nantenaina, président du Bureau national.
Les points de cette proposition ont déjà été transmis au Président de la République et au bureau permanent de l’Assemblée nationale. La COJM prévoit également de présenter son accord à plusieurs acteurs internationaux et nationaux, dont l’Union africaine, les ambassades des États-Unis et de la France, le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM) et la Fédération des musulmans de Madagascar (FSM).
Le texte appelle au calme et insiste sur la nécessité de préserver les financements accordés par la Banque mondiale, le FMI et la Banque africaine de développement pour la période 2024-2025. Il recommande l’organisation d’une conférence nationale inclusive réunissant les représentants des 18 groupes ethniques afin de prévenir toute dérive ethnique ou sociale.
«Les décisions issues de cette conférence devraient être validées par l’Assemblée nationale pour renforcer leur légitimité», explique ledit accord.
Un Premier ministre de consensus
La conférence devra aussi désigner un Premier ministre de consensus, représentant un gouvernement neutre et apaisé, symbole d’une véritable démocratie. La COJM souligne l’importance d’impliquer les jeunes issus de l’université d’Ankatso et de Vontovorona, ainsi que des différentes provinces.
La COJM propose même de leur confier des portefeuilles stratégiques comme l’Énergie, l’Eau, la Population et la Jeunesse, pour redonner confiance à une génération souvent mise à l’écart. Elle rappelle que 65 % de la population malgache est composée de jeunes, dont 32 % ont un niveau d’instruction.
Par ailleurs, le respect des droits des opérateurs malgaches et industriels est également souligné. La COJM demande que ces derniers puissent nommer des représentants au ministère du Commerce afin de gérer les conséquences économiques de la crise, qui a provoqué la fermeture de nombreuses entreprises et la destruction de nombreux commerces suite à des pillages.
Enfin, la coalition propose que toute exploitation des ressources naturelles soit soumise à l’approbation de l’Assemblée nationale afin de protéger les populations locales et de lutter contre la corruption.
«Ces propositions visent à éviter une nouvelle explosion de crise et à favoriser une réconciliation nationale durable, portée par la jeunesse», conclut la COJM, qui se dit prête à soutenir le FFKM dans son rôle de médiateur.
F.M




