Education: une reprise des cours en demi-teinte dans les zones sensibles

Après une semaine de silence dans les salles de classe, les établissements scolaires tentent prudemment de relancer les activités pédagogiques. Mais la crainte d’un regain de tension continue de planer sur les zones sensibles d’Antananarivo.

Ce lundi marque un tournant pour de nom­breux établissements scolaires de la capitale. Les cours ont timidement repris après plus d’une semaine de suspension liée aux récentes manifestations. Dans plusieurs écoles, même situées dans les zones habituellement touchées par les troubles, les élèves, y compris ceux des niveaux préscolaire et primaire, ont retrouvé le chemin des classes, du moins partiellement.
Pour éviter toute exposition aux risques potentiels de nouvelles manifestations, des mesures strictes ont été mises en place. Dans de nombreuses écoles, les cours se limitent désormais aux matinées. Certaines ont même décidé d’avancer l’horaire de début des classes de 30 minutes pour permettre aux élèves de rentrer plus tôt, avant les éventuels mouvements de foule. Les après-midi sont donc déclarés « vacants », y compris pour les classes du secondaire, particulièrement dans les établissements situés dans les quartiers les plus exposés.

Des instructions contradictoires
Si des établissements an­noncent une reprise, la Di­rection régionale de l’Edu­cation nationale (Dren) Analamanga a tenu à rappeler, dans un communiqué publié hier soir, que les cours restent officiellement suspendus pour les classes de préscolaire et de primaire dans les Circonscriptions scolaires (Cisco) d’Antana­na­rivo Renivohitra, Avara­drano, Atsimondrano et Ambohidratrimo. Une décla­ration qui crée une certaine confusion sur le terrain, les parents étant tiraillés entre les consignes des établissements et celles de l’administration centrale.

Les parents au cœur du dilemme
Face à l’incertitude am­biante, plusieurs écoles ont choisi une approche souple, laissant le libre choix aux parents d’envoyer ou non leurs enfants à l’école. Pour maintenir la continuité pé­dagogique, certains établissements ont mis en place un système d’enseignement à distance, proposant cours et exercices en ligne. Une solution qui reste cependant hors de portée pour les établissements ne disposant pas des infrastructures numériques nécessaires.
Cette reprise partielle révèle surtout les inégalités persistantes dans le système éducatif malgache : alors que certaines écoles s’adaptent avec des solutions hybri­des, d’autres restent complètement à l’arrêt, faute de moyens. La situation reste donc fragile. Si les salles de classe rouvrent lentement leurs portes, l’ombre des tensions sociales continue de peser sur l’école surtout que les manifestants entendent renforcer davantage leur mouvement ce jour.

Fahranarison

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