Relance économique: prendre compte de la crise actuelle dans la loi de Finances 2026

Face à la persistance de la crise socio-économique à Madagascar, les acteurs du secteur privé appellent à une réponse budgétaire adaptée. Lors d’une rencontre des groupements patronaux et des professionnels avec le président de la République, Andry Rajoelina, tenue samedi à Iavoloha, le président du Groupement des entreprises de Madagascar (Gem), Francis Rabarijohn, s’exprimant également au nom du Fivmpama, a souligné qu’« il est nécessaire d’intégrer les impacts de la crise actuelle dans l’élaboration de la loi de Finances 2026 ».

«Nous ne pouvons pas ignorer les con­séquences socio-économiques de ce qui s’est passé et de ce qui est en train de se passer », a-t-il spécifié. La rencontre en question était d’ailleurs destinée à chercher des solutions afin de dépasser cette crise et permettre au pays de sortir in­demne. Le président Rajoe­lina a d’ail­leurs profité de l’occasion pour émettre un bilan conséquent des récents pillages et émeutes dans le pays énonçant des pertes financières de taille estimées à hauteur de 200 milliards d’ariary, suivi d’une perte d’environ 2.000 emplois. Raison pour laquelle les con­séquences économiques de cette crise de­vraient être considérées dans la planification du budget national dans le but non seulement de soutenir les entreprises, mais également les ménages les plus touchés.
« Avec le contexte actuel, nous ne pouvons pas raisonner de la même manière », a-t-il affirmé. Pour ainsi dire que l’approche habituelle de la loi des Finances n’est point d’actualité dans ce genre de situation. Le secteur privé ne s’est pas seulement contenté d’émettre une suggestion, mais s’est aussi porté garant pour mener des discussions et des échanges avec les partenaires internationaux en tenant compte des contraintes macroéconomiques et des exigences des bailleurs de fonds.

Rétablissement de confiance de rigueur
En outre, Francis Rabari­john a aussi évoqué le caractère impératif de restaurer l’attractivité de Madagascar ainsi que la confiance des investisseurs par une gouvernance économique tras­parente et prévisible. Effecti­vement, Madagascar se doit de redorer son image afin de gagner la confiance des in­ves­tisseurs. Il a également incité à relancer les filières industrielles, agricoles et touristiques qui s’avèrent être des moteurs essentiels de croissance inclusive, d’emploi et de développement territorial.
Face aux pertes économi­ques et humaines, le président du Gem a aussi tenu à réaffirmer quelques priorités essentielles garant de la relance durable de l’économie. Cela inclut la sécurisation des personnes et des biens, condition indispensable à la continuité et la reprise des activités ainsi qu’au rétablissement d’un climat de confiance. Il a aussi ajouté qu’il est important de garantir les libertés d’expression et de circulation, tout en favorisant un dialogue apaisé et un encadrement responsable des manifestations, pour éviter toute escalade de violence pouvant affecter le fonctionnement des entreprises.
Il a également tenu à rappeler qu’il est impératif de préserver les acquis économiques en se référant à ceux liés à l’Agoa, à l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union Européenne (APE) et aux partenaires financiers internationaux car cela s’avère essentiel pour sauvegarder des milliers, voire des centaines de milliers d’emplois. Le président du Gem a conclu en faisant appel à un dialogue national constructif, fondé sur la responsabilité, la solidarité et la recherche d’un avenir commun.

Jean Riana

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