Alors que la reprise des cours reste incertaine dans plusieurs écoles de la capitale en raison des manifestations, les offres de soutien scolaire à domicile explosent sur les réseaux sociaux. Face à cette nouvelle instabilité, les parents se tournent massivement vers les répétiteurs privés pour assurer la continuité de l’apprentissage.
Depuis quelques jours, Facebook s’est transformé en véritable vitrine pour les répétiteurs à domicile. Publications accrocheuses, promesses de «réussite garantie», horaires flexibles : ces offres séduisent de plus en plus de parents, pris de court par la fermeture subite de nombreux établissements scolaires situés dans des zones jugées sensibles. En effet, plusieurs écoles ayant tenté une reprise timide depuis hier ont finalement opté pour une nouvelle suspension des cours en présentiel, invoquant des risques d’affrontements persistants dans certains quartiers de la capitale.
«Investir dans cette offre constitue une dépense de plus, mais pour le bien de mes enfants, je n’ai pas hésité. Mon aîné passe l’examen pour l’obtention du Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE) cette année et je ne veux pas qu’il prenne du retard», témoigne une mère de famille, ayant engagé une répétitrice pour ses deux enfants.
Une solution «par défaut» pour des parents dépassés
Pour de nombreux foyers, ces services de soutien scolaire apparaissent comme une bouée de sauvetage, surtout pour les parents qui n’ont ni le temps ni les compétences pour superviser eux-mêmes les apprentissages à la maison. «Je travaille toute la journée. Avec les écoles fermées, je ne pouvais pas laisser mon fils livré à lui-même. Une répétitrice vient maintenant trois fois par semaine à la maison», confie un autre parent.
Les annonces prolifèrent avec un argumentaire bien rodé : explications claires, accompagnement personnalisé, adaptation au rythme de l’enfant, préparation aux examens… Le tout proposé à domicile, souvent avec des horaires flexibles.
Un nouveau marché en plein essor
Du côté des répétiteurs, la demande n’a jamais été aussi forte. Certains, expérimentés ou débutants, y voient une opportunité professionnelle. «J’ai commencé par aider mes petits cousins, aujourd’hui j’ai cinq élèves répartis sur la semaine», explique une jeune répétitrice.
En attendant un retour à la normale, c’est dans les salons et cuisines de leurs maisons que de nombreux enfants poursuivent leur chemin vers le savoir. Selon les informations, le tarif moyen se situe entre 5.000 et 15.000 ariary la séance, selon le niveau et la fréquence. Les principales demandes concernant la préparation au CEPE, avec des remises à niveau en maths et français.
Fahranarison




