Hanta, 39 ans et mère de sept enfants, vit à Beraketa Ifotaka, un village reculé du district d’Amboasary Sud, dans la région Anosy. Comme beaucoup de familles du Grand Sud, elle subit les effets des sécheresses récurrentes qui fragilisent les moyens de subsistance et menacent la santé des plus jeunes. Son plus jeune fils, Julio, a été touché par la malnutrition aiguë.
* Les Nouvelles : Depuis quand la sécheresse affecte-t-elle votre village ?
– Hanta : Cela fait plusieurs années déjà, mais cette année, la situation a été particulièrement difficile. Les seules pluies que nous avons eues sont venues de deux cyclones, en février et mars 2025. Ils ont détruit ce qu’il restait des cultures. Quelques plants de maïs avaient survécu, mais les criquets les ont ensuite ravagés.
* Quels ont été les impacts de ces catastrophes sur votre famille ?
– Les récoltes perdues, nous avons dû vendre le peu de bétails qu’il nous restait pour acheter à manger. Je ramassais du bois de chauffage que je vendais 200 ariary le tas, mais même en en vendant dix, cela ne suffisait pas pour nourrir la famille. Nous mangions des fruits de cactus et des tubercules sauvages pour tenir. La santé et la situation nutritionnelle de mes enfants se sont beaucoup dégradées, surtout celle de Julio, qui perdait du poids.
* Comment les choses ont-elles évolué par la suite ?
– Dans notre village, une initiative locale, le « Farne » ou Foyer d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle et d’éveil, mis en place par le Programme alimentaire mondial (Pam), a été déployée. Il s’agit d’un centre de prise en charge de la malnutrition aiguë chez les enfants de 6 à 59 mois, par des moyens locaux. Grâce à ce soutien, Julio a pu recevoir des repas nutritifs pendant plusieurs jours. Il a peu à peu repris du poids et retrouvé de l’énergie. D’autres enfants du village ont également bénéficié de ce suivi.
* Qu’avez-vous appris à travers cette expérience ?
– Les mères ont suivi des séances d’apprentissage sur la préparation de repas équilibrés à base de produits agricoles locaux et sur les bonnes
pratiques d’alimentation à la maison. On nous a aussi montré comment cultiver un petit potager et développer des activités génératrices de revenus. Pour ma part, j’ai pu améliorer mes compétences en couture et trouver de nouvelles façons de vendre mes créations.
* Comment voyez-vous la suite ?
– J’essaie de sortir peu à peu de la vulnérabilité. Quand je vends un vêtement, j’économise un peu pour acheter du matériel et améliorer notre travail. Cela me permet aussi de contribuer aux besoins de la famille ou d’aider un voisin en difficulté.
Propos recueillis par Sera R.




