La jeunesse malgache représente un capital humain précieux mais encore trop souvent sous-estimé dans les stratégies de développement du pays. Selon le Cercle de Réflexions des Economistes de Madagascar (CREM), cette tranche de la population, bien que majoritaire, ne bénéficie pas de l’attention nécessaire pour libérer tout son potentiel.
Plus de 60 % des Malgaches ont moins de 25 ans, faisant de Madagascar l’un des pays les plus jeunes au monde, d’après les données de l’Institut national de la statistique (Instat) en 2023.
Avec une population majoritairement jeune, Madagascar dispose d’un atout de taille pour construire une nation prospère. Encore faut-il savoir investir intelligemment dans ce capital humain, qui représente bien plus qu’un simple réservoir de main-d’œuvre : c’est une opportunité stratégique. «A Madagascar, les jeunes ne représentent pas seulement l’avenir, ils sont aussi le présent, la force vive et le levier potentiel d’un développement économique durable», communique-t-on. Pourtant, ce potentiel reste largement inexploité, ce qui alimente au fil des années un sentiment de frustration croissante chez les jeunes. Ce malaise générationnel s’est cristallisé à travers le mouvement de la Génération Z, dont nombre de membres expriment un profond désespoir face à l’absence de perspectives dans le pays. Dans un contexte de pauvreté grandissante, de plus en plus de jeunes font le choix de quitter Madagascar, en quête d’un avenir meilleur ailleurs.
En négligeant les aspirations et les besoins de sa jeunesse, les gouvernements successifs ont contribué à créer une véritable bombe à retardement sociale. Et c’est l’administration de l’ancien président Andry Rajoelina qui en a payé le prix fort. Le mécontentement a éclaté à travers un mouvement de protestation, initialement déclenché par les délestages récurrents d’électricité et d’eau. Ce soulèvement a conduit à la chute du régime, contraignant l’ex-chef de l’Etat à se replier dans un lieu sécurisé pour des raisons de sûreté personnelle. A noter que 500.000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail et viennent gonfler le nombre de chômeurs vu que les débouchés sont insuffisants pour absorber cette main-d’œuvre.
Madagascar reste confronté à d’importants défis en matière de lutte contre la pauvreté, qui touche encore plus de 75 % de sa population.
Jean Riana




