N’EST PAS EXPORTATEUR QUI VEUT

Le litchi est l’un des produits d’exportation phare de Madagascar. Mais la filière a été marquée par un monopole imposé pendant plusieurs années. De ce fait, beaucoup d’opérateurs ont été exclus du système. Ce qui était à l’origine d’une certaine tension au sein de la filière.
Bien qu’étant une activité saisonnière, la filière litchi représente tout de même un certain poids dans l’économie de Madagascar. Entre autres, elle fait vivre directement ou indirectement plus de 500 000 personnes, nonobstant les rentrées de devises qu’elle engendre.
Aujourd’hui, ce monopole de fait n’existe plus. Et les exportateurs ont trouvé un accord pour une meilleure répartition des volumes à exporter. Il faut savoir que pour cette campagne, l’objectif est d’atteindre 15 000 tonnes de litchis exportés.
Tout s’annonce donc sous les meilleurs auspices pour les acteurs de la filière car la campagne n’est plus loin. Selon les prévisions, elle débutera le 19 novembre prochain. Mais qu’on n’oublie pas que la fin du monopole n’est pas synonyme de laisser-aller.
En effet, compte tenu de la libéralisation de la filière, après de nombreuses années de monopole, beaucoup peuvent s’improviser exportateur. Il appartiendra au Groupement des exportateurs de litchis de veiller au grain pour que tous les opérateurs fassent preuve d’un véritable professionnalisme.
Bien au contraire, cette libéralisation fait naître beaucoup plus de contraintes de la part de tous les intervenants (du planteur jusqu’à l’exportateur en passant par les collecteurs, les transporteurs …). C’est la valorisation des produits malgaches qui est en jeu.
Il y va donc de la crédibilité du pays. Il fut un temps où le litchi malgache était frappé d’une certaine image négative du fait de la qualité et de la présentation des produits une fois arrivé dans les étals à l’étranger. Or, on ne peut pas se permettre l’importance de la concurrence.
Une seule expédition non conforme peut ternir l’image de toute la filière et même du pays. Aussi, les exportateurs doivent faire preuve de plus de rigueur dans le choix des produits à exporter, leur traitement et leur acheminement. La moindre défaillance à ces niveaux peut avoir des conséquences désastreuses.
D’autant plus que désormais, il est possible d’exporter des litchis des litchis rouges naturels, sans soufre. Ce qui va donner une image plus écologique du litchi malgache à l’international et contribuer ainsi à la préservation de la renommée du litchi malgache.
Si c’est le cas, il va de soi que ces nouveaux produits vont conquérir encore plus les consommateurs à l’étranger. A condition, bien entendu, que les exportateurs respectent toutes les normes requises. C’est pour cela que n’est pas exportateur qui veut.

Ranaivo Lala Honoré

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