Nous y sommes ! Les membres du nouveau gouvernement sont enfin connus. Sans grande surprise, si quelques visages demeurent encore inconnus du grand public, une bonne partie du casting ne l’est plus
à présenter. Entre anciens opposants de longue date et figures bien bavardes des réseaux sociaux, ce gouvernement semble tout droit sorti d’un long fil de discussion sur Facebook.
En effet, ces derniers mois, les appels se sont multipliés sur la toile. Et visiblement, ils ont été entendus jusqu’en haut lieu. La démocratie participative aurait-elle trouvé sa version 2.0 ? Peut-être bien. Reste à voir si le passage du clavier au conseil des ministres se fera sans trop de bugs. Car entre critiquer à tout-va derrière un écran et gouverner un pays, il y a un fossé.
On peut être un excellent commentateur politique sur la toile mais gouverner, ce n’est pas seulement dénoncer, c’est surtout agir. Et pour cela, il faut du sang-froid, de la cohérence et surtout une vision. Il va falloir apprendre à troquer les écrits contre des projets, les likes contre des résultats. Le temps de la critique permanente est passé et place maintenant à celui de l’action.
Aussi, espérons surtout que ce gouvernement ne soit pas celui de la revanche. Car, dans une partie de l’opinion, une appréhension persiste c’est celle de voir se mettre en place une équipe animée plus par le règlement de comptes que par la refondation proprement dite. Les rancunes politiques, aussi compréhensibles soient-elles, ne doivent jamais dicter la feuille de route d’un gouvernement. Le pays a besoin d’apaisement mais pas de règlement de comptes.
Et des défis, ce n’est pas ce qui manque. L’un des signaux les plus forts de la contestation populaire, notamment celui mené par la génération Z, trouve son origine dans les coupures à répétition d’eau et
d’électricité. C’est dire si la patience des citoyens s’épuise plus vite que les batteries de leurs téléphones. Le premier test pour l’équipe gouvernementale sera donc de rétablir la lumière,
au propre comme au figuré.
Viennent ensuite les autres chantiers, à l’instar de la lutte contre la corruption, la relance de la justice, la création d’emplois, la situation dans les universités, le désespoir d’une jeunesse qui n’attend qu’un signal clair pour croire à nouveau en l’avenir.
En somme, l’heure n’est plus aux posts ni aux punchlines, mais aux résultats concrets.
Rakoto




