MC Antanimora: le taux d’incarcération en hausse de 25%

Depuis la fin du mouvement de grève, mené par le Syndicat de l’administration pénitentiaire (SAP), au moins une centaine de détenus par jour, sont placés sous mandat de dépôt à la Maison centrale (MC) d’Antanimora, de source auprès d’un responsable de cet établissement pénitentiaire.

Actuellement, la population carcérale se situe autour de 5.000 détenus contre 4.000 auparavant, soit une hausse de 25%. Cela malgré le fait que des prisonniers sortent au quotidien, après avoir effectué l’intégralité de leur pei­ne d’em­prisonnement ferme, même durant la grève.
La capacité d’accueil de la MC d’Antanimora est pourtant de 950 personnes, le quartier de « Maputo » inclus, soit 4.040 détenus de trop. Ce qui fait que la surface de couchage seulement par détenu est de 0,40 m2 seulement alors que la norme exigée par la croix rouge internationale, est au moins de 2 m2.
« La nuit venue, tous les couloirs de la prison se transforment en dortoir, même ceux qui mènent vers les toilettes », a fait savoir un responsable de la MC d’Antanimora.
De 29.197 détenus en décembre 2022, dont 26.683 hommes et 1.569 femmes, cet effectif caracole actuellement autour de 40.000 détenus sur tout le territoire national, soit une surpopulation pénale estimée à 140% qui a atteint un record en 2019, avec un taux de 252 %.
De source auprès de la Société civile malgache pour le milieu carcéral (SCMMC), la surpopulation carcérale reste toujours d’actualité durant ces dix dernières années où le nombre d’hommes détenus (90%) reste toujours largement supérieur à celui des femmes.

Indice d’insécurité

De source auprès d’un responsable de l’AP, cette hausse du taux d’incarcération survient toujours après cette crise sociopolitique. « On a observé la même situation depuis 1991, 2002 et 2009 où seuls les chiffres sont différents. Mais une chose est sûre, l’insécurité est toujours en hausse après ces soulèvements populaires », a fait savoir notre source.
Selon une étude menée par la SCMMC en 2022, 76,1% des détenus sont incarcérés pour des faits et des délits sanctionnés par des peines correctionnelles, si 23,99% purgeaient des peines criminelles. « Les personnes dans la précarité ou peu instruites sont particulièrement susceptibles de souffrir le plus de leur détention », souligne cette étude.
Dans la foulée, le taux de la malnutrition au sein des prisons est estimé à 18 % dont 15,8 % de malnutrition modérée et 2,2% de malnutrition sévère.

Sera R.

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